Un grand trafiquant
Colombien, Enrique Cali (Jesse Doran) vient d'être capturé par les
États-Unis et incarcéré. Son fils, Luis (Andrew Divoff), n'a qu'une
idée en tête : le faire libérer. Il prend en otage les élèves d'un
collège huppé, dans lequel est inscrit Phil Donoghue (Knowl Johnson),
fils du Président du Tribunal qui doit juger Cali. Mais le jeune homme
a été emmené la veille, par le FBI, sur une base militaire.
S'apercevant que de nombreux étudiants sont les rejetons de politiciens
influents ou de milliardaires, il décide de se servir d'eux comme
monnaie d'échange...
Dans les premières minutes d'exposition, la dualité du film est
affichée. D'une part le thriller, avec un méchant dont la sale gueule
ne trahit pas sa nature profonde. Nous aurons affaire à un violent,
sauvage, froidement cruel, vague cousin germain du Hans Gruber de "Piège de cristal". D'un autre côté, nous
assistons aux délires de jeunes ados rebelles qui, sous la houlette de
William 'Billy' Tepper (Sean Astin), insolent, tête brûlée, passent le
plus clair de leur temps d'étude à imaginer des farces de
plus ou moins bon goût. Fabrication de "bain de bouche" à la vodka,
appels téléphoniques nocturnes à des messageries roses, taggage de la
voiture du shérif, toutes manifestations tumultueuses qui semblent
émaner d'une "école de zéros" !...
Ces deux orientations, a priori peu destinées à fusionner, vont se
télescoper brusquement et fournir un cadre nouveau à un récit par
ailleurs vu cent fois. Hormis cela, pas de réelle originalité dans
cette trame, mais une efficacité de bon aloi, un suspense assez
prenant, une tenue dramatique constante, bref, du travail convenable
qui permet de passer cent dix minutes à frémir pour ces fils à papa qui
renient, pour la plupart, leur origine patricienne, mafieuse, ( comme
en témoigne le choix tragique du jeune Joseph Trotta (Wil Wheaton)), ou
opulente. Ne manquent ni le surveillant courageux, ni le cancre qui
révèle sa noblesse de cœur, ni les passages obligés du genre, avec
quelques sueurs froides et battements cardiaques accélérés. Enfin, pour
finir, cette évidence : dans la pire des nullités sommeille un héros
potentiel ! N'est-ce pas rassurant ?
En revanche, Daniel Petrie, scénariste de
"The big easy" et du "Flic de Beverly Hills", n'a pas tourné
grand chose depuis cette aventure, sinon un film, "In the Army Now", en
1994. Aurait-il épuisé toutes les ressources de son imagination ?