Angélique
(Isabelle Carré) est maladivement émotive. Elle participe d'ailleurs,
lorsqu'elle ne s'évanouit pas, à des séances de partage entre personnes
atteintes du même handicap. Un jour, en répondant à une offre d'emploi,
elle fait la connaissance d'un chef d'entreprise chocolatière,
Jean-René (Benoit Poelvoorde), encore plus atteint qu'elle, à supposer
que cela soit possible. Il l'engage sans se douter que cet acte va
bouleverser sa vie déjà passablement anxiogène...
Le "couple" du fascinant "Entre ses mains"
est à nouveau réuni mais dans un genre totalement différent. Genre
assez imprécis, en fait, car visitant à la fois la caricature, la
comédie, la fable sociale, voire la créativité artistico-gourmande.
Autant l'avouer tout de go, l'enthousiasme n'est guère au rendez-vous.
Oh, certes, Benoît Poelvoorde assure toujours dans le registre qu'il
aborde, que ce soit la cruauté sadique et totalement décomplexée de
"C'est arrivé près de chez vous", ou la timidité pathologique qu'il
arbore ici. Quant à Isabelle Carré, son charme est intact. En revanche,
le scénario, très prévisible, les péripéties, trop souvent excessives,
(même si elles ont au moins le bon goût de conserver un respect
constant pour les personnages), les rôles secondaires
transparents, ainsi qu'un dénouement ultra facile, font que cette
petite friandise est oubliée aussitôt que vue. C'est d'autant plus
dommage que le sujet est loin d'être inintéressant et qu'il est
judicieux de voir des individualités fondamentalement effacées tenir le
haut de l'affiche, quand le cinéma est envahi de super héros prêts à
étaler au grand jour leurs capacités hors du commun.