La première
"étoile de la mort" a été détruite par la Rébellion à la fin de "la Guerre des étoiles". Mais la base qui l'abritait a été rasée
par les soldats de l'Empire et les amis de Luke Skywalker (Mark
Hamill), ont dû fuir. Présentement, ils se sont réfugiés sur un astre
glaciaire, Hoth. Darth Vader (David Prowse) envoie des sondes dans
toutes les directions à la recherche de ses ennemis. L'une d'elles
repère la base rebelle et une nouvelle bataille s'engage. Han Solo
(Harrison Ford) emmène la Princesse Leia (Carrie Fisher) à bord de son
MIllenium Condor, tandis qu'en secret, Luke part dans le système Dagoba
à la recherche du maître formateur des Jedi, Yoda...
Après les préliminaires basiques de l'épisode IV, nous entrons dans le
vif du sujet. Le jeune pilote un peu fou qu'était Luke prend le chemin
de la difficile initiation des Jedi. Cette élévation du thème général
de l'histoire permet au film de quitter le niveau "jeu video", de
gagner en intensité dramatique, en émotion, tout en conservant une
invention permanente dans les décors (qu'ils soient de glace ou de
marais) et une efficacité rythmique d'excellente facture. Les
personnages qui n'étaient, précédemment, que des marionnettes,
s'épaississent quelque peu, gagnent en humanité ou, tout au moins, en
crédibilité. L'humour se fait toujours présent, tant dans le personnage
de Han Solo, grand "vaurien" prétentieux, macho, infatué de son
irrésistible charme, que dans ceux des robots qui savent divertir sans
assommer. Il y a bien sûr dans les premiers volets de cette saga,
beaucoup moins de prétentions que dans celle du "Seigneur des anneaux".
Nous demeurons ici constamment à un niveau élémentaire, aussi bien dans
le scénario que dans son traitement visuel. Mais, en contrepartie, il y
a infiniment plus d'humanisme que dans le cycle de Tolkien, tout au
moins dans sa version cinématographique. J'ignore ce qu'il en est dans
le livre original que je n'ai jamais lu. Nous sommes ici plongés dans
les souffrances intimes, familiales, dans ce que l'arbre généalogique a
de plus oppressif. A posteriori, les trois oeuvres de Peter Jackson
laissent une étrange impression de personnages hors de notre monde
physique. Bien sûr, et heureusement d'ailleurs, Frodon apporte, dans
ses relations avec son ami Sam, une part de fibre humaine. C'est en
partie cette complexification de leurs rapports qui fait du dernier
volet, "le Retour du Roi" une grande réussite sur
tous les plans. Mais pour ce qui est des autres intervenants,
l'abstraction n'est pas loin. Ici, c'est l'inverse. Les héros
paraissent étonnamment proches de nous par leurs tempéraments et leurs
émotions. Beaucoup plus, en tout cas, qu'un éthérique Legolas ou une
angélique Galadriel !
Le succès universel de la première trilogie "Star wars", pourtant
simpliste, tient probablement, pour une part, à son art de faire
descendre, dans une aventure intemporelle et particulièrement
dynamique, des thèmes aussi abstraits, ésotériques, que l'acquisition
du pouvoir, l'approche de l'Initiation, la responsabilité de celui qui
possède la connaissance. Que l'on en soit conscient ou non, notre être
profond est imprégné par tous les mythes, archétypes, qui sillonnent
l'éther depuis des millénaires. Et si Yoda peut, esthétiquement,
surprendre au premier abord, pour un Maître, il compose une synthèse du
professeur et de l'Initié inoubliable.