Jesse
Stone (Tom Selleck) a pris un poste de policier dans la petite ville de
Paradise, pour fuir le souvenir d'un divorce douloureux. Mais il ne se
passe pas grand chose et l'alcool se révèle indispensable pour tenter
de survivre. Sur le conseil d'un ami, Jesse décide de se trouver un
but motivant et déterre des archives une affaire non résolue, datant de
plus d'une décennie. A la suite d'un braquage de banque, une jeune
employée, Rebecca Lewis avait été tuée. Son corps avait été découvert
deux
ans plus tard, mais l'enquête avait été bâclée. Jesse retrouve la mère
de la victime, victime d'une attaque cérébrale, sa soeur, Leeann Lewis
(Rebecca Pidgeon), ainsi que le
propriétaire de la banque, emprisonné depuis pour blanchiement
d'argent...
Un flic alcoolique, sombrant dans la déprine à la suite
d'une
rupture... Un point de départ qui n'a rien de très original. Si l'on
ajoute à cela le fait que l'enquête, menée "molto tranquillo",
s'apparente beaucoup plus à du "Derrick" sous somnifère qu'à
du
Martin Riggs ("L'arme fatale"),
que certains personnages sont quasiment superflus ( la délicieuse Sean
Young de "Sens Unique"
pourraît disparaître du scénario sans que cela change quoi que ce soit
au résultat ), enfin que la résolution de l'affaire ne semble pas être
le souci primordial du créateur, il serait facile de conclure
hâtivement que tout cela manque cruellement d'intérêt. C'est pourtant
loin d'être le cas. Tout simplement parce que le
récit s'approche
au plus près des individualités, offrant avec sobriété une
exploration juste et synthétique des relations humaines et des
souffrances intimes. Tom Selleck procure à son anti-héros brut de
décoffrage une authenticité incontestable, l'atmosphère tranquille,
pour ne pas dire sclérosée, de la petite cité est bien rendue, les
dialogues sont simples, mais vifs, et la
suggestion remplace avantageusement une insistance souvent maladroite,
lourde, ou une surexcitation artificielle, habituelles dans ce type de
narration.