Ben
Stone (Seth Rogen) est un jeune immigré canadien qui subsiste en
tentant de créer, avec quelques coapins, un site Internet sur les stars
dénudées. Il rencontre un soir, dans une boîte, Allison Scott
(Katherine Heigl), une jolie blonde qui fête, en compagnie de sa soeur
Debbie (Leslie Mann), sa prochaine promotion dans la chaîne télé qui
l'emploie. Quelques cocktails plus tard, Ben et Allison se retrouvent au
lit. Mais, quelques semaines plus tard, ce qui n'aurait dû être qu'une
erreur ponctuelle, devient une tragédie : la jeune femme est enceinte
et cette situation risque d'être fort mal vue par le responsable de la
chaîne, Jack (Alan Tudyk)...
Fidèle à son goût pour le mélange du trash et du
sentimental, Judd Apatow explore cette fois-ci l’influence d’une
grossesse inopinée sur le tempérament et les relations de deux
personnages immatures, dotés de caractères opposés. A gauche un
branleur professionnel, ni frais ni beau, qui passe son vaste temps
libre à fumer des joints en compagnie de ses potes aussi allumés que
lui. A droite, une jeune et jolie damoiselle, blonde sans être pour
autant complètement nunuche, qui rêve d’une carrière brillante à
la télévision. Quelques verres de trop et l’irréparable arrive.
Ensuite, le spectateur a droit, durant deux (très) longues heures, au
traditionnel défilé des poncifs habituels. Affres devant la future
maternité, affres devant la future paternité, colères, brouilles, réconciliations,
re-brouilles, re-collages… Au fur et à mesure que l’histoire s’étale,
le volume de l’intérêt devient inversement proportionnel à celui du
ventre d’Allison ! Bref, ça n’en finit plus jusqu’à un dénouement
correctement consensuel qui survient alors que le sommeil a déjà gagné
le spectateur de plus de quarante ans.
Pourtant les acteurs offrent une incarnation
sympathique de leurs personnages, Seth Rogen est particulièrement bien
choisi, les quelques incursions dans le graveleux savent rester limitées,
mais l’ensemble est décidément bien trop pâle, bien trop
transparent pour accrocher l’attention de ceux qui ont quitté depuis
longtemps l’état post-ado. Tout est convenu, gentillet même dans la
verdeur, attendu. Lorsqu’on lit parfois que Judd Apatow est un nouveau
Frank Capra, on croit rêver ! Celui-ci possédait une verve, une
intelligence, un sens du rythme, de la jubilation qui sont, pour
l’heure, totalement étrangers au réalisateur de « 40
ans, toujours puceau ». Mais sait-on de quoi l’avenir sera
fait ? Qui aurait pu deviner que le Clint Eastwood de « Pour
une poignée de dollars » nous offrirait un jour « Mystic
River », « Lettres d’Iwo Jima », ou « Million
Dollar Baby » ?...