Chris
Burnett (Owen Wilson) est lieutenant aviateur sur le USS Carl Vinson,
en Méditerranée. La guerre de Bosnie semble toucher à sa fin. Le jeune
homme s'ennuie et informe l'amiral Leslie McMahon Reigart (Gene
Hackman), qu'il souhaite quitter l'armée dès son retour aux Etats-Unis.
Peu après, il est chargé, avec son coéquipier Stackhouse (Gabriel
Macht), d'effectuer une mission de reconnaissance. Ayant détecté des
mouvements suspects dans une zone théoriquement démilitarisée, ils
dévient de leur route et sont abattus par un missile. Ils parviennent à
s'éjecter, mais Stackhouse, blessé, ne peut bouger. Chris s'éloigne
pour émettre du haut d'une colline et assiste à l'exécution de son
camarade par des militaires indéterminés sous les ordres du sinistre
Lokar (Olek Krupa). Poursuivi, il échappe de peu à plusieurs tentatives
d'élimination. Alors que l'amiral Reigart s'apprête à envoyer une
mission de sauvetage, l'ordre lui est donné par l'amiral Piquet
(Joaquim de Almeida) d'annuler la mission, dans la crainte que le
processus de paix ne soit mis à mal'intervention...
Un scénario rudimentaire (un soldat, tombé dans un secteur infesté de
guerriers barbares, cherche à leur échapper), des personnages
psychologiquement réduits à l'état de squelettes, une idéologie pour le
moins simpliste (rien de tel que l'immersion dans le danger pour
transformer un jeunot excité en un soldat motivé et efficace), une
réalisation clinquante, racoleuse, qui passe du montage épileptique aux
ralentis artificiels, des plans hyperdécoupés, une musique tonitruante,
histoire de faire branché... Le moins que l'on puisse dire c'est que
John Moore ne fait pas dans la finesse ! Nous ne sommes pas tout à fait
dans le délire de "Rambo 2", mais, entre manipulation, spectaculaire de
commande et infantilisme chronique, le spectateur se voit précipité
dans un maelström guerrier qui semble avoir pour seule justification
l'efficacité à tout prix. Le dilemme, a priori passionnant, qui
assaille l'amiral Reigart est survolé à la vitesse Mach 3, et même Gene
Hackman, pourtant capable de faire scintiller un rôle de quelques
secondes, semble ici presque aussi transparent que ses compagnons. Owen
Wilson, sans être franchement mauvais, est un choix passablement
douteux, et ne suscite pas un enthousiasme forcené . Le contexte
historique est totalement absent, et l'on ne comprend strictement rien
aux motivations des troupes de Lokar. Mais c'est, de toute façon, sans
grande importance, puisque le but du film est de nous servir une trame
aussi émouvante que spectaculaire. Sur ce dernier plan, du moins,
reconnaissons que l'objectif est atteint.