Roland
(Albert Dupontel) est un SDF qui se shoote à longueur de journées. Il
est un jour témoin du suicide d'un policier. Lorsqu'il amène au
commissariat la valise du mort, il se fait éjecter sans
ménagement. Dés lors, affublé de la tenue du flic, il se lance dans une
mission correspondant à son apparence. Il rencontre en particulier une
jolie jeune femme, Marie (Claude Perron), qui cherche par tous les
moyens à récupérer la garde de sa petite fille, gardée de force par ses
beaux-parents. A la suite d'un quiproquo, Roland s'imagine que le
beau-père de Marie est un milliardaire aux procédés mafieux, Jacques
Duval Riché (Philippe Uchan)...
Voici une sorte d'ovni cinématographique qui tient à la fois de
la comédie, du style dessin animé, de la contestation sociale et du
délire burlesque. Porté par un Albert Dupontel souvent jouissif, à la
fois primaire, tendre, maladroit, rageur, lunaire, déboussolé,
l'histoire se promène avec plus ou moins de bonheur dans les diverses
composantes qui forment une toile de fond aussi bariolée que
désordonnée. Nombre de moments sont réellement drôles, tandis que
d'autres frôlent l'ennui. L'aspect fleur bleue n'est pas franchement
convaincant, même s'il est en accord théorique avec la rusticité
mentale du "héros". Pourtant, prise dans son ensemble, cette divagation
cinématographique agitée ne manque ni d'originalité, ni d'un
certain charme loufoque, voire ponctuellement poétique. Le rythme est
globalement bon, la caméra virevolte au gré des humeurs ou des délires
visuels de l'acteur-réalisateur. Quant aux dialogues, entre indignation
basique et envolées loufoques, ils sont au diapason de cette oeuvre
aussi marginale que détonante.