Wayne Hayes (Robert Redford) mène une vie
apparemment sans histoire avec sa femme Eileen (Helen Mirren). Un jour,
il disparaît, kidnappé par Arnold Mack (Willem Dafoe). Les deux enfants
du couple, Jill (Melissa Sagemiller) et son frère Tim (Allessandro
Nivola), viennent soutenir leur mère. L'agent Ray Fuller (Matt Craven)
s'installe dans la maison de Hayes en attendant que les ravisseurs se
manifestent...
Je ne sais ce qui a pu pousser Pieter Jan Brugge, apparemment
producteur de son métier (une douzaine de films entre 1987 et 2005) à
pondre cette histoire abracadabrante, puisqu'il en est aussi bien le
scénariste que le réalisateur. Car, si l'on excepte le choix de trois
acteurs de haut niveau, tout le reste paraît tellement incongru, forcé
et factice que l'on se demande pendant toute l'histoire où l'auteur
veut nous emmener. Les situations sont maladroites ( Eileen et sa fille
Jill se baignent tranquillement le lendemain de l'enlèvement de Wayne),
les dialogues ne le sont pas moins, la vraisemblance s'est fait la
malle (Wayne et Arnold discutent le bout de gras tandis qu'ils font de
l'escalade pendant tout le film pour atteindre, soi-disant, une cabane
au sommet d'une montagne !), la juxtaposition des séquences semble
faire coexister deux temps différents (on voit le prisonnier et son
gardien grimper pendant soixante dix minutes, tandis que plusieurs
jours se sont écoulés du côté de Eileen...), bref le spectateur a
l'impression de nager en plein délire, s'attendant à n'importe quoi
pour justifier cette gaucherie. Pourquoi pas des extra-terrestres qui
ont brusquement provoqué une distorsion temporelle, ou, comme dans "Mémoire effacée",
travaillé sur le cerveau des personnages ! Eh bien, pas du tout.
L'auteur s'en tient à une fin bien sage, si l'on peut dire, qui a tout
de même l'avantage de justifier, a posteriori, quelques scènes qui, sur
le moment, sentaient l'aberration pure. Arnold Mack gagne un tout petit
peu en crédibilité, tandis que la fin réserve, in extremis, un court
moment de grâce. Mais si fugace que l'ensemble demeure tout de même
assez consternant !
Bernard
Sellier