1972
en Irlande du Nord. Le père du jeune Frankie, sympathisant de l'IRA,
est abattu chez lui par un tueur masqué. Vingt ans plus tard, Frankie
(Brad Pitt) est devenu un redoutable membre de l'armée indépendantiste,
responsable de la mort de nombreux policiers et soldats. Il réussit à
échapper à une embuscade tendue par les Britanniques et s'enfuit aux
Etats-Unis, afin de collecter des fonds pour acheter des missiles.
Accueilli à l'aéroport par le vieux Juge Fitzsimmons (George Hearn), il
est logé chez une connaissance de celui-ci, le sergent Tom O'Meara
(Harrison Ford). Tom est marié à Sheila (Margaret Colin) et est père de
trois fillettes. Tout en faisant croire qu'il travaille sur un chantier
de construction, Frankie, qui se fait appeler Henri, contacte les
Irlandais afin de rassembler les fonds et organiser le transfert des
armes...
Ce film est un peu à l'image du précédent de Alan J. Pakula : "L'Affaire Pélican" :
propre, bien fait, mais ne provoquant jamais l'envoûtement. Ici, nous
avons de bons et charismatiques acteurs, un scénario intéressant (le
titre original : "le propre de Diable" est beaucoup plus ambigu), une
mise en situation des personnages qui pourrait être vaguement
cornélienne, une légère réflexion sur le bien-fondé de la vengeance,
sur les liens du sang, sur les choix de vie. Pourtant, l'oeuvre demeure
globalement au niveau simpliste d'un drame policier tricoté sur fond
d'amitié impossible. La construction est classique, sans grandes
surprises, se contentant d'évoquer avec une certaine sensibilité les
états d'âme des deux personnages principaux. O'Meara est un flic
intègre, calme, qui, pour la première fois s'entend faire un faux
témoignage. Frankie est une bête sauvage qui a bétonné sa conscience
mais n'en éprouve pas moins une inclination certaine pour ce qu'il voit
chez son hôte, et ne connaîtra jamais, à savoir une famille
unie.
Malgré quelques moments qui ressemblent à du remplissage, et un soufflé
qui a une certaine propension à retomber, le film se laisse voir avec
intérêt et a l'intelligence de se clore sur un final intimiste sobre.