Dixième James Bond
"officiel".
Deux sous-marins nucléaires, l'un russe, l'autre occidental, se sont
volatilisés. Que fait-on dans ce cas ? Appel aux deux meilleurs espions
qui soient : l'un est évidemment James Bond Roger Moore), qui échappe
(de justesse, cela va sans dire !) à de vilains tueurs du KGB, dirigés
par Sergei Barsov (Michael Billington), lequel trouve la mort dans
cette tentative ; l'autre est le charmant Major Anya Amasova (Barbara
Bach), qui était, justement, la maîtresse de Barsov. Tous deux se
retrouvent en Egypte, où est mis en vente un microfilm contenant un
système révolutionnaire de détection des sous-marins. De son côté,
l'odieux Karl Stromberg (Curd Jürgens) envoie au même endroit son agent
"Requin" (Richard Kiel), afin de récupérer les plans du détecteur qui
lui ont été volés par une de ses employées...
Dixième James Bond et deuxième intervention de Lewis Gilbert après "On
ne vit que deux fois", dix ans plus tôt. La séquence d'ouverture,
pré-générique, souvent délirante mais jubilatoire et soignée, frôle ici
le minable et se voit accompagnée d'une musique aussi ridicule que
ringarde. Tout s'arrange heureusement par la suite. Nous avons droit à
quelques sympathiques ballades dans les ruines égyptiennes et en
Sardaigne. "Q" (Desmond Llewelyn) nous gratifie de quelques gadgets
futuristes jouissifs dont il a le secret. Curd Jürgens procure un
méchant visionnaire qui a élu domicile dans une espèce de pieuvre
gigantesque et sous-marine, ornée d'une salle à manger somptueuse aux
verrières du plus bel effet. Un ensemble que n'aurait pas renié le
Capitaine Nemo !
Si l'ensemble ne brille ni par son originalité scénaristique, ni par
des trouvailles événementielles truculentes, certaines scènes possèdent
une réelle efficacité (en particulier dans le "Liparus") et certains
clins d'oeil sont des plus amusants. On a le plaisir de voir Roger
Moore looké façon Lawrence d'Arabie et d'entendre la superbe musique
que Maurice Jarre avait composée pour le film de David Lean. Bond et
son homologue Amasova se livrent une petite guéguerre inoffensive à
coups de ruses et de compétences professionnelles. Quant à "Requin", il
vient mettre son "petit" gabarit au service d'un scénario tout de même
assez paresseux.