Juliette Hardy
(Brigitte Bardot) est une orpheline qui a été placée dans une famille
d'adoption résidant à Saint-Tropez. Elle travaille vaguement à la
librairie du village, mais se plaît surtout à bronzer nue et à se faire
conter fleurette par les hommes du lieu. Un riche entrepreneur, Eric
Carradine (Curd
Jürgens), voudrait bien la mettre dans son lit, mais n'y parvient pas.
Elle est amoureuse d'Antoine Tardieu (Christian Marquand), qui dirige
avec son frère Michel (Jean-Louis Trintignant) une petite entreprise
familiale de réparation navale. Menacée par ses tuteurs d'un renvoi à
l'institution religieuse, elle accepte d'épouser Michel...
Le jeune spectateur de
2011 qui visionne ce film plus d'un demi-siècle après son tournage
doit avoir une difficulté certaine à imaginer que la censure de
l'époque frappait d'interdiction aux moins de 16 ans ce genre de
bluette ! Aujourd'hui, elle pourrait même être recommandée aux moins de
12 ans pour son absolue pudeur et son absence de violence graphique.
Car même la scène dans laquelle Michel lutte (si l'on peut dire !) avec
son frère, se révèle risible tant le réalisme pointe aux abonnés
absents. C'est d'ailleurs tout l'ensemble de cette oeuvre, pourtant
mythique, qui apparaît terriblement falot et daté. On peut s'amuser à
voir la jeune ingénue Brigitte s'afficher déjà protectrice des animaux
(son
lapin "Socrate"...), se trémousser vaguement sur des musiques
exotiques, mais cet hymne à la liberté féminine ne se hisse même pas au
niveau d'un téléfilm actuel moyen, tant la manière de filmer, distante
et académique, transforme cette mini tragédie conjugale et familiale en
historiette anecdotique et insignifiante. Les personnages n'ont aucune
profondeur, les quelques rares noeuds dramatiques se dégonflent comme
des baudruches percées, quant au thème central, il est devenu obsolète.
Peut-être le prétendu "charme" de B.B. (auquel, soit dit en passant, je
n'ai jamais été sensible), sera-t-il susceptible d'accroître
l'enthousiasme de certains sexagénaires nostalgiques... En fin de
compte, l'intérêt naît surtout de la vision d'un Saint-Tropez encore
préservé de la déferlante des milliardaires, d'un Jean-Louis
Trintignant à ses débuts, et d'une mode cinématographique totalement
désuète... C'est bien peu !
> Le film
sur IMDB.com