Lenny Brown (James Woods)
tente, souvent maladroitement, de vendre des placements mirobolants à
de riches clients. Mais la réussite n'est pas au bout du chemin. Il se
sent dévalorisé, d'autant plus que sa femme, Linda (Sean Young),
réussit brillamment dans un cabinet d'avocats new-yorkais. Un jour, il
fait la connaissance de Max Sherman (Steven Hill), dont la
brillante réussite l'éblouit. Max lui propose d'aller à Los Angeles et
de devenir son homme de confiance pour ses activités en Californie. Les
débuts sont mirifiques. Lenny vend à tour de bras des emplacements qui
permettent une défiscalisation importante. Mais brusquement, tout
s'effondre. Un projet de loi menace le système. Les clients potentiels
demandent le remboursement des avances versées. Lenny se retrouve sans
un sou et tente d'oublier ses problèmes dans la cocaïne...
Cinq ans avant "Malice", le
réalisateur abordait, avec sobriété et efficacité, la descente aux
enfers d'un couple décimé par la drogue. Pas de suspense haletant, mais
un survol, parfois académique, de l'ascension sociale puis de la chute
irrémédiable d'un homme ordinaire qui, pour un temps, malgré la
perception négative qu'il a de de lui-même, se croit devenu invincible
et l'égal des puissants. Emporté dans une spirale illusoire, totalement
grisé par l'argent qui coule à flots, il voit s'effacer progressivement
la motivation première de son action, à savoir l'amour sincère qu'il
porte à sa femme et le désir légitime de lui prouver sa valeur. Ceux-ci
ne résistent pas à l'épreuve de l'échec et c'est dans la drogue que
Lenny cherche la stimulation de ce qu'il croit être son génie
commercial. Sujet intéressant, pas réellement novateur, ni dans le
fond, ni dans la forme, mais, heureusement, porté à bout de bras par
James Woods, toujours intensément impliqué dans ses incarnations, ainsi
que par la grâce fragile et désespérée de Sean Young. Pourtant,
l'ensemble laisse une impression mitigée. Malgré quelques moments
denses, émouvants, la trame dramatique semble souvent ajourée, trop
dépendante de cassures événementielles abruptes, de sauts évolutifs
cahotiques, qui procurent la sensation désagréable d'un tableau
artificiel, plus écrit que réellement vécu. Dommage...