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" Etat  de  Choc ",     

( The  Boost ),     1988,

de : Harold  Becker, 

avec : James Woods, Sean Young, John Kapelos, Steven Hill, John Rothman, Kelle Kerr, Grace Zabriskie, 

Musique : Stanley  Myers

*******

    

    Lenny Brown (James Woods) tente, souvent maladroitement, de vendre des placements mirobolants à de riches clients. Mais la réussite n'est pas au bout du chemin. Il se sent dévalorisé, d'autant plus que sa femme, Linda (Sean Young), réussit brillamment dans un cabinet d'avocats new-yorkais. Un jour, il fait la connaissance  de Max Sherman (Steven Hill), dont la brillante réussite l'éblouit. Max lui propose d'aller à Los Angeles et de devenir son homme de confiance pour ses activités en Californie. Les débuts sont mirifiques. Lenny vend à tour de bras des emplacements qui permettent une défiscalisation importante. Mais brusquement, tout s'effondre. Un projet de loi menace le système. Les clients potentiels demandent le remboursement des avances versées. Lenny se retrouve sans un sou et tente d'oublier ses problèmes dans la cocaïne...

    Cinq ans avant "Malice", le réalisateur abordait, avec sobriété et efficacité, la descente aux enfers d'un couple décimé par la drogue. Pas de suspense haletant, mais un survol, parfois académique, de l'ascension sociale puis de la chute irrémédiable d'un homme ordinaire qui, pour un temps, malgré la perception négative qu'il a de de lui-même, se croit devenu invincible et l'égal des puissants. Emporté dans une spirale illusoire, totalement grisé par l'argent qui coule à flots, il voit s'effacer progressivement la motivation première de son action, à savoir l'amour sincère qu'il porte à sa femme et le désir légitime de lui prouver sa valeur. Ceux-ci ne résistent pas à l'épreuve de l'échec et c'est dans la drogue que Lenny cherche la stimulation de ce qu'il croit être son génie commercial. Sujet intéressant, pas réellement novateur, ni dans le fond, ni dans la forme, mais, heureusement, porté à bout de bras par James Woods, toujours intensément impliqué dans ses incarnations, ainsi que par la grâce fragile et désespérée de Sean Young. Pourtant, l'ensemble laisse une impression mitigée. Malgré quelques moments denses, émouvants, la trame dramatique semble souvent ajourée, trop dépendante de cassures événementielles abruptes, de sauts évolutifs cahotiques, qui procurent la sensation désagréable d'un tableau artificiel, plus écrit que réellement vécu. Dommage... 

Bernard  Sellier               

           

 

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