Un haut-fourneau installé dans une usine italienne est vendu aux
Chinois. Vincenzo Buonavolontà (Sergio Castellitto), qui était
responsable de la maintenance, informe l'un des responsables Chinois,
Chong (Hiu Sun Ha), que la machine recèle un défaut qui pourrait se
révéler dangereux. Mais, lorsque Vincenzo revient un peu plus tard
sur le site, tout a déjà été démonté et embarqué. Il se rend en
Chine, bien décidé à retrouver Chong. Mais celui-ci a déjà été
licencié. Désemparé, Vincenzo s'adresse à la jeune Liu Hua (Ling
Tai), qui avait accompagné le groupe en Italie comme traductrice...
Un homme taciturne, dont le charisme ne saute pas aux yeux, technicien
sans doute sans reproche mais sans envergure, qui, en compagnie du
joint métallique spécial qu'il a fabriqué, se met en tête de
retrouver son haut-fourneau perdu dans l'immensité de la Chine...
Voilà un sujet qui, a priori, semble concourir pour la palme du sujet
le plus rébarbatif que l'on puisse concevoir ! Eh bien, en
l'occurrence, l'a-priori se fourvoie grandement ! Loin des
montages épileptiques qui transforment souvent les narrations en
tronçons aussi illisibles qu'épuisants, le réalisateur prend tout
son temps pour suivre la quête initiatique de son personnage, pour se
poser sur le regard d'un enfant, pour observer avec humanité et
respect un monde étranger, aride, souvent désespéré, et pour
plonger dans un décor sombrement réaliste, aux antipodes des visions
touristiques idylliques habituelles. A mi-chemin entre scénario
construit et documentaire, le cheminement de ces deux êtres que tout
sépare prend l'apparence d'une marche inconsciente vers l'unité,
vers la rencontre, la reconnaissance de l'être intérieur. L'absence
totale d'esbroufe, le choix d'immerger le spectateur, privé de
sous-titres, dans l'univers non accessible qui environne Vincenzo, le
minimalisme du scénario, peuvent rebuter. Mais, pour celui qui
accepte de suivre cet Italien persévérant jusqu'à son illusoire
victoire finale, une sensation rarement éprouvée peut apparaître :
celle d'une joie intime, dans laquelle pointe une lumière solaire qui
n'apparaît jamais dans le monde physique que traverse Vincenzo...