Le
Président des Etats Unis, Elias Martinez (Blair Underwood), est sur le
point de révéler la vérité concernant un groupe de 97 prisonniers,
retenus au secret depuis 1944 dans une base secrète d'Alaska. Un
attentat contre sa personne est évité de justesse d'une façon très
mystérieuse. Pendant ce temps, un jeune informaticien, Sean Walker
(Jason Ritter), effectue une croisière avec sa fiancée, Leila Buchanan
(Sarah Roemer). Or celle-ci disparaît non moins mystérieusement...
Au cours de l'épisode pilote, le syndrome "Lost"
apparaît, multiplié par 10. Le spectateur a droit à une kyrielle
d'allers et retours temporels, qui, par leur brièveté et leur
systématisme, font un peu figure de procédé artificiel. Les effets
spéciaux semblent un tantinet fauchés. Quant aux personnages, leur
charisme immédiat est loin d'atteindre celui des protagonistes de "Lost", de "24 heures" ou de "Fringe".
Autant dire qu'il est heureux que le sujet s'annonce assez captivant,
car, si le rythme est alerte, le scénario, assez brouillon, semble
confondre richesse événementielle et agitation.
Par bonheur, scénaristes et monteurs maîtrisent
assez rapidement un emballement qui menaçait de virer au foutoir.
L'aventure adopte alors une vitesse de croisière saine, entre pics
d'action et réflexions de tous ordres. Davantage que les éruptions
spectaculaires, ce sont les études psycho-sociologiques qui se révèlent
les plus passionnantes. Privé du manichéisme et de la vision réductrice
affichés dans la plupart des oeuvres mettant en scène les E.T.,
le récit dissèque avec intelligence et lucidité les diverses attitudes
générées par une foultitude d'événements dramatiques et perturbants,
tant sur la race humaine que sur la race extérieure. Les
personnages gagnent tous en épaisseur, en humanité, en intensité, les dilemmes cruciaux s'amoncellent, et la
multitude de rebondissements, ainsi que l'éventail très large des
domaines abordés (archéologie, médecine, ésotérisme, fantastique...),
génèrent sans peine une addiction puissante. D'autant plus que les
créateurs ont su résister à la tentation des débordements visuels qui
sont souvent la marque de ce genre. Dommage tout de même que quelques
sauts narratifs, abrupts et voyants, entachent à plusieurs reprises la
crédibilité de l'histoire.
Film sur
IMDB