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" Le  Facteur ",  

( Il  postino ),        1994,

de : Michael  Radford,

avec :  Philippe Noiret, Massimo Troisi, Maria Grazia Cucinotta, Renato Scarpa, Linda Moretti,

Musique : Luis Enríquez Bacalov

*******

   

    Les années cinquante. Pablo Neruda (Philippe Noiret), le grand poète communiste chilien, sous le coup d'un mandat d'arrêt, est contraint de s'exiler. Il est hébergé dans une petite île italienne et habite  une humble maison, loin du village de pêcheurs. Le courrier abondant qu'il reçoit lui est porté quotidiennement par un jeune facteur, Mario Ruoppolo (Massimo Troisi). Petit à petit, les deux hommes commencent à  lier conversation. Un jour, Mario devient fou amoureux de la belle Béatrice Russo (Maria Grazia Cucinotta), nièce de la tenancière du bar. Incapable d'exprimer ce qu'il ressent, il demande l'aide poétique de son célèbre confident...

    Simplicité des êtres, beauté des paysages, limpidité narrative, accompagnement musical sobre et nostalgique, poésie rustique et sincère, tout dans cette oeuvre est à l'image de Mario, modeste et candide. A partir d'un sujet a priori dérisoire, d'un personnage principal qui ne brille ni par l'instruction, ni par l'évolution sociale, le réalisateur nous fait assister, avec une pudeur exquise et une poésie de tous les instants, à l'une des plus grandes et belles initiations qui soient : l'apprentissage de la perception et de l'expression de la beauté dans le monde qui nous entoure et dans la relation d'amour. Si Philippe Noiret se montre juste, sobre et presque effacé dans le rôle du grand écrivain, Massimo Troisi est une véritable révélation, tant son incarnation de cet être sensible et maladroit, perdu dans un environnement primitif, touche au plus profond du coeur par sa justesse et son expressivité dans le dépouillement. On conserve un souvenir ému de ce regard grave, lointain, extatique, brûlant d'une fièvre intense, en quête d'émerveillement ou de miracles. Et sa mort, survenue quelques semaines après la fin du tournage, apporte encore un voile supplémentaire de mélancolie sur ce magnifique hymne à l'amitié,  l'amour et l'union mentale des êtres. 

Bernard  Sellier               

 

 

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