Charles (Eric Savin) dirige
avec une poigne de fer l'entreprise qui appartient à son beau-père,
Edouard (Jean-Pierre Cassel). Il n'a en particulier aucun état d'âme
pour virer n'importe quel responsable n'ayant pas atteint les objectifs
fixés. C'est apparemment ce qui attend Alexandre (Jérémie Renier),
"convié" par son patron à une partie de squash torride. Mais
le jeune homme parvient in-extremis à sauver sa tête et arrache même
à Charles le dossier "Primacom" que convoitait Jean-Claude
(Benoît Magimel). Bien entendu, ce dernier n'entend pas se laisser
faire...
Dès le commencement, le réalisateur nous plonge sans fioritures dans
le monde cruel de l'entreprise. Coups bas, jalousies féroces,
règlements de comptes, chantage... Le spectateur a droit à une
avalanche caricaturale de toutes les attitudes qui sont à l'oppposé de
celles prônées dans le sport. Les affrontements, réduits dans la
première moitié du film à des échanges aussi virulents que
théâtraux entre deux protagonistes, se succèdent de manière
artificielle sur fond de disciplines diverses : aviron, squash, parcours
de santé, golf. Impossible de nier une efficacité verbale immédiate,
mais le procédé tourne vite court, à cause d'une répétitivité
(ba)lourde.
Dans la seconde partie, les rivalités orales se métamorphosent, ce qui
était largement prévisible, en une tentative de thriller. Là encore,
il faut reconnaître à certaines séquences une tension indéniable,
mais le peu de subtilité initiale du propos plonge dans les abîmes en
même temps que certains protagonistes, et hurlements, musique,
cataractes aqueuses se fondent dans une cacophonie entêtante. De tout
cela on retire une évidence : l'homme est un loup pour l'homme. Ce
n'est pas nouveau, et, heureusement, nombre d'oeuvres ont exploré cette
vérité avec infiniment plus de finesse que celle (in)utilisée ici...