Marius a quitté Marseille
sur un voilier, la "Malaisie". César est effondré. Fanny ne l'est pas
moins, d'autant plus qu'elle découvre sa grossesse. Sous la pression
brutale de sa mère Honorine, et plus douce de la part du vieux Panisse
qui est amoureux d'elle, Fanny va se résoudre à accepter le mariage.
Lorsque Marius reviendra, une nuit, elle sera prête à lui céder. Mais
César veille...("L'honneur, c'est comme les allumettes, ça ne sert
qu'une fois...").
Seconde partie qui recèle les mêmes qualités merveilleuses que "Marius". Inutile de se répéter. Le
miracle se perpétue. Pierre Fresnay n'a qu'un rôle court puisqu'il
"navigue". Mais la scène finale qui le met en présence de Fanny est
bouleversante.
Je crois que l'une des principales raisons pour lesquelles ces trois
films ou pièces nous touchent aussi profondément, réside dans le fait
qu'à chaque scène, au milieu des pires engueulades drôlatiques ou
tragiques (revoir par exemple la manière dont Honorine traite sa fille
Fanny lorsqu'elle apprend sa grossesse), l'amour est toujours présent.
Amour de Pagnol pour ses personnages qui s'infiltre dans la
personnalité de chacun et se répand inéluctablement dans les coeurs,
malgré toutes les insultes qui fusent. Cette trilogie est un océan
d'amour dissimulé sous une myriade de bulles factices, multicolores et
délirantes (colère, égoïsme, jalousie, orgueil...).
Bernard
Sellier