La petite ville de Fairwater connaît des jours
sombres. Une épidémie de crises cardiaques mortelles frappe des
personnes jeunes et en parfaite santé. C'est ce qui survient à Ray
Lynskey (Peter Dobson), dont la femme Lucy (Trini Alvarado) est
médecin. Quelques heures avant sa mort, Ray avait reçu la visite de
Frank Bannister (Michael J.Fox), venu désenvoûter son domicile à la
demande de Lucy, de spectaculaires phénomènes psychokinétiques ayant eu
lieu soudainement. Or il se trouve que Frank gagne sa vie grâce à deux
ectoplasmes, Stuart (Jil Fyfe) et Cyrus (Chi McBride), qui provoquent
des phénomènes paranormaux, que Bannister s'empresse de traiter contre
des émoluements élevés. De nouveaux décès surviennent et Frank fait
bientôt figure d'ennemi public n°1...
Dans la veine de "Ghost",
qui avait ouvert la voie six ans plus tôt, ce film combine habilement
comédie et drame. En revanche, il s'en écarte résolument dans le
traitement de ces deux opposés. Là où Jerry Zucker jouait la carte du
"vraisemblable dans l'impossible", Peter Jackson s'amuse comme un fou
avec ses effets spéciaux, dans les délires les plus extrêmes. La
portion comique, qui nous présente un spécialiste des revenants, doublé
d'un maître es-truandages, travaillant de concert avec ses amis
fantômes, et offrant à ses "clients" un petit sac contenant les
"émanations d'ectoplasmes", relève surtout de la grosse farce. Celle-ci
est, d'ailleurs, assez jouissive. Quant à la portion tragique, elle
vire assez rapidement à un mélange horreur-gore qui écrase quelque peu
la fugace veine émotionnelle-sentimentale. Il faut dire que l'équilibre
général était assez difficile à tenir, tant les éléments variés se
télescopent : tueur en série, type "Freddy", suspense policier,
bouffonnerie, malade psychotique, manifestations paranormales, fantômes
déjantés (Hiles (R.Lee Ermey), le "patron du cimetière, qui fait obéir
"ses" morts à coups de sulfateuse !), et personnages extravagants. La
palme, dans ce dernier domaine, revient sans conteste à l'agent du FBI,
Milton Dammers (Jeffrey Combs), croisement improbable entre Hitler et
une poule mouillée infestée de tics, affligé d'hémorroïdes, et se
terrant lorsqu'il entend le cri d'une femme !
Les trucages sont, pour l'époque, plus que convainquants. L'histoire
est relativement originale. La drôlerie et le burlesque sont parfois au
rendez-vous. Mais l'ensemble laisse tout de même un goût de clownerie
épaisse, ayant délibérément laissé au vestiaire la subtilité ou la
poésie, et sacrifiant aux excès du genre (la fin apporte son
lot de grosses bestioles répugnantes, histoire de symboliser l'enfer).