Patty Palmer (Melanie
Griffith) et Drake Goodman (Matthew Modine) décident d'acheter une
jolie maison victorienne dans le quartier de Pacific heights à San
Francisco. Mais les mensualités du prêt sont lourdes et le couple
décide de louer deux appartements dans la demeure. Un couple
d'Orientaux emménage puis un certain Carter Hayes (Michael Keaton). Les
soucis ne tardent pas à commencer. Non seulement Hayes ne vire pas
l'argent du loyer comme promis, mais encore il change la serrure de son
appartement et entreprend de mystérieux travaux. Le cauchemar ne fait
que commencer...
Vous prenez un gentil couple à l'image de celui de "J.F.partagerait appartement", une jolie résidence et un besoin de
locataire pour rembourser le prêt. Il ne reste plus qu'à déterminer la
pathologie du dit locataire pour concocter un petit thriller plus ou
moins angoissant. Dans le film sus-nommé de Barbet Schroeder, le drame
tournait autour d'un mimétisme morbide. La progression de cette
atteinte mentale se faisait avec une certaine subtilité, mais se
terminait dans une apocalypse quelque peu grand guignolesque.
Ici, c'est un peu l'inverse. Le déroulement des événements ne sort pas
vraiment l'originalité des grands jours. On s'aperçoit rapidement qu'on
a affaire à un subtil escroc, de plus détraqué, et l'intérêt se porte
autant sur les délires de Carter que sur ces étranges lois américaines
qui donnent raison à l'envahisseur. En revanche, John Schlesinger
choisit une certaine sobriété et donne la primeur à la vraisemblance,
jusque dans le finale, ce qui est intelligent. Le couple Melanie
Griffith - Matthew Modine est sympathique et crédible ; Michael Keaton
compose un malade aussi astucieux que perfide ou menaçant et, plus
d'une fois, se compose un faciès à la Jack Nicholson tout à fait
stressant.
L'ensemble est bien mené, bien construit et palpitant de bout en bout,
même s'in ne révolutionne pas le genre thriller psycho-pathologique.