Charles Saint-Denis (François Berléand) est un écrivain à succès,
mais retiré de la vie mondaine. Il vit avec sa femme, Dona (Valeria
Cavalli) et ne reçoit guère de visites, hormis son éditrice et amie,
Capucine Jamet (Mathilda May). Il fait un jour la connaissance, à
l'occasion d'une séance de dédicaces, de la jeune Gabrielle Aurore
Deneige (Ludivine Sagnier), présentatrice de la météo dans une
chaîne télévisée. Ils se revoient, s'aiment, puis Charles part en
Angleterre...
Est-ce un effet de l'âge (77 ans, tout de même !) ? On a connu Claude
Chabrol nettement plus incisif et inspiré dans ses peintures au vitriol
de la société bourgeoise, confite en mensonges et faux-semblants ! Sans même remonter
jusqu'au mythique "Que la bête meure", "Poulet au
vinaigre", "Inspecteur Lavardin" ou "Masques"
présentaient un visage nettement plus affriolant que cette création
pâlichonne et poussive. L'acidité et la verve chabrolienne semblent
ici fort émoussées. Les séquences se traînent, vierges d'excitation.
Elles respirent la construction laborieuse, voire artificielle. Outre le
fait que l'intrigue n'est pas d'une originalité folle, un certain
nombre de personnages paraissent décalés, donnent l'impression de
flotter autour de leurs rôles. Même François Berléand, d'ordinaire
capable d'insuffler la vie à n'importe quel pensum, semble, dans le cas
présent, quasiment éteint.
Et ce n'est pas le dénouement, incongru et pauvrement symbolique, qui
redonne un peu de tonus et de mystère à cette histoire plan plan, dont
le maigre intérêt naît du personnage (gentiment ?) déjanté de Paul
Gaudens (Benoît Magimel) et de la présence éthérée de Ludivine
Sagnier.