Kyle Pratt (Jodie Foster)
habite Berlin. Son mari, David (John Benjamin Hickey) vient de mourir
d'un accident. Elle prend, avec sa fille Julia (Marlene Lawston) et le
cercueil, un vol transatlantique vers les Etats-Unis. Lorsqu'elle se
réveille, après avoir dormi quelques heures, elle s'aperçoit avec
horreur que sa fille n'est plus allongée à son côté dans l'avion. Elle
interroge les voisins, l'équipage, mais personne, appremment, n'a vu la
fillette. Plus inquiétant encore, celle-ci n'apparaît pas sur la liste
des passagers ! Touché par l'angoisse de la jeune femme, le commandant
de bord, Rich (Sean Bean), demande cependant à son personnel de
fouiller l'appareil...
Si l'on excepte "Un
long dimanche de fiançailles", dans lequel son rôle était,
hélas, plus que rachitique, la dernière apparition de Jodie Foster
remonte à l'excellent "Panic room",
dont l'intrigue était déjà circonscrite dans un lieu clos. Le choix
d'un avion, ici un appareil dernier cri n'ayant pas encore d'existence
réelle, a déjà donné lieu à certaines réussites haletantes : "Ultime décision", mais
parfois à la limite du digérable : "Air
Force One". Le premier atout du film de Robert Schwentke est
bien sûr la présence, toujours intense et magnétique, de Jodie Foster.
Elle se montre aussi poignante que crédible en épouse traumatisée et en
mère désespérée. Le second atout tient au scénario lui-même, poutre
maîtresse, dont la solidité et le brillant conditionnent le degré
d'envoûtement que l'ensemble de l'édifice génèrera sur le spectateur.
Les scénaristes ont eu l'excellente idée de disséminer quelques
éléments visuels troublants dès l'ouverture de l'histoire, et, par voie
de conséquence, de diluer les hypothèses plausibles durant les deux
tiers de la narration. Au lieu de foncer tête baissée, façon taureau,
dans le polar haute tension pur et dur, le drame visite toutes les
possibilités interprétatives du vécu de Kyle, sans, pour autant,
négliger suspense et angoisse, bien au contraire. C'est donc à une
efficace association psychologie-thriller que nous assistons, avec, il
faut le dire, une nette préférence pour la première partie. Non que le
choix de la "solution" retenue soit inadéquat. Dans ce type de mystère,
les options explicatives font assez rarement l'unanimité ("Mémoire effacée", "Birth", "Le
Village"), et leur effet premier est hélas, souvent, de
provoquer le dégonflement d'un soufflé méticuleusement travaillé. Tant
il est vrai que, si l'absence de compréhension est frustrante, voire
irritante (cf."2001,
odyssée de l'espace"), le déchirement du voile se révèle un
exercice tout aussi périlleux. D'autant plus que la clé apparaît, dans
le cas présent, pour le moins tordue. Les commentaires des
protagonistes saluant le dénouement ne sont pas non plus d'une finesse
extrême et le spectateur a peu l'impression que l'avion vole durant
toute cette tragédie. Mais sans doute est-ce la perfection technique
des super-transporteurs du futur, qui donne cette illusion...
Pour Jodie Foster et les deux premiers tiers du film, captivants et
tendus.