Don Salluste (Louis de Funès), un grand
d'Espagne, est un homme avare, obséquieux, lâche et méprisant. Son
valet, Blaze (Yves Montand) est amoureux de l'épouse autrichienne du
Roi. Accusé par une suivante de la Reine de l'avoir engrossée, Salluste
est déchu de ses droits, de son statut et, pire encore, de sa fortune.
Furieux, il imagine de faire passer son valet pour l'un de ses neveux
aristocrate, don César, et de magouiller un joli scandale...Le jour de
la présentation du prétendu César, Blaze à la chance de faire avorter
un complot antimonarchique. Reconnaissant d'avoir été sauvé, le Roi se
prend d'amitié pour l'imposteur...
Il est sans doute superflu de raconter cette histoire inspirée du "Ruy
Blas" de Victor Hugo, tant le film a été diffusé. Il faut reconnaître
qu'il le mérite grandement, grâce à ses multiples qualités qui en font
un des meilleurs films ( avec "La grande vadrouille" ), de Louis de
Funès.
Une scène d'ouverture, menée tambour battant et un rythme alerte qui ne
faiblit pratiquement jamais, excellemment soutenu par la musique
endiablée de Michel Polnareff, un Don Salluste fidèle à l'image
caricaturale habituelle, ici habilement maîtrisée, de Louis de Funès ;
une suite de scènes d'anthologie, souvent hilarantes ; tout concourt à
réjouir les zygomatiques du spectateur.
Mais le point le plus positif reste à mon sens l'idée d'avoir confié le
rôle de Blaze, destiné primitivement, je crois, à Bourvil, au grandiose
Yves Montand. Il endosse le personnage avec une élégance et un délire
particulièrement réjouissants. Comment oublier la toilette de Salluste
ou son visage devant le strip-tease d'Alice Sapritch !
Même si la fin donne un petit peu l'impression de patiner dans un
vaudeville un tantinet facile, cette "folie des grandeurs" demeure
cependant un grand moment de drôlerie.
En ce qui me concerne, l'un des instants comiques que je préfère,
demeure le réveil de Salluste au son des pièces d'or brassées par Blaze
et le génial : "il en manque une"...