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" The  Fountain ",      2006,

de : Darren  Aronofsky,

avec : Ellen Burstyn, Hugh Jackman, Rachel Weisz, Mark Margolis, Stephen McHattie, Cliff Curtis, Fernando Hernandez,

Musique : Clint  Mansell

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    Le Docteur Tom Creo (Hugh Jackman) est obsédé par les recherches thérapeutiques qu'il mène sur un patient nommé Donovan, atteint d'une tumeur cérébrale. Son espoir réside dans un composé obtenu à partir d'un arbre mystérieux poussant en pays Maya. Il injecte le produit et les effets sont spectaculaires. Mais ce ne sont pas ceux qu'il attendait. Le patient semble rajeunir ! Tom est désespéré. Non pour Donovan, qui "n'est" qu'un singe, mais pour sa femme Izzi (Rachel Weisz), atteinte du même mal, et pour laquelle il espérait un miracle. La jeune femme semble pourtant sereine. Elle confie à son mari un livre inachevé, qu'elle vient d'écrire. L'histoire se déroule en Espagne, pendant l'Inquisition. Elle demande à Tom d'écrire lui-même le dernier chapitre...

    Difficile de résumer une construction aussi complexe, aux ramifications vivancielles qui courent à travers l'immensité du temps. Darren Aronofsky nous avait habitué, dans "Requiem for a Dream" à une structure éclatée, à une pulvérisation du récit en myriades de pièces explosives. D'une certaine manière, il récidive ici, mais dans un contexte et un référentiel totalement différents. Le spectateur est perpétuellement ballotté, dans un équilibre (très) instable, entre le monde physique quotidien, et un univers onirique mi-abstrait, mi-réel, qui se confond avec le premier, en divers points, en diverses circonstances, comme le feraient les espaces enchevêtrés dans les théories de certains physiciens. A la fois conte initiatique (l'espoir de la vie éternelle, le fantasme des âmes-soeurs, l'arbre de la Vie du Jardin d'Eden...), folle passion d'amour, aventure extra-temporelle, le parcours existentiel de Tom et d'Izzi défie toute logique et brise toute rationalité. Leur histoire est un croisement entre la quête hallucinée d'Aycha ("She" de Rider-Haggard) et la traversée des âges vécue par le héros du génial roman de Phylos, "J'ai vécu sur deux planètes". 

    Bien que particulièrement sensible au thème de la réincarnation et de l'éternelle conscience de l'âme (c'est, de façon très réduite, le sujet de "Spirale d'Amour" !...), j'avoue avoir éprouvé certaines difficultés à entrer dans l'édifice narratif construit par le réalisateur. Ou, plus exactement, à suivre, en état sympathique, le cheminement des personnages à travers ces mondes aussi fascinants que sibyllins. La création des visions galactiques, de cet arbre lové au coeur de l'oeuf de la conception primordiale, effectuée à partir de macro-photographies (un article très enrichissant est paru dans le N° 133 de la revue "les Années Laser"), envoûte le regard par la beauté magique qui jaillit comme une gerbe de vie inaltérée. Mais, comme c'était le cas pour le finale énigmatique de "2001, Odyssée de l'espace", ou pour les visualisations chamaniques de "Blueberry", il est malaisé pour le profane de ressentir une harmonie, une osmose émotionnelle, avec ce qui est étranger à ses perceptions. Alors, il est facile de trouver que le spectacle de Hugh Jackman, lévitant en position de lotus à travers les galaxies, s'approche dangereusement de la mystique de bas étage, pour ne pas dire plus. Quant au contenu initiatique proprement dit, il s'approche beaucoup plus de mythes ancestraux que d'une réelle connaissance des mondes subtils. Mais bloquer son appréciation sur ces points serait regrettable, tant la poésie qui se dégage de ces évocations, et la sincérité émotionnelle qui baigne ce couple inaltérable, diffusent en permanence une vibration éthérée à laquelle le cinéma ne nous a guère habitués.

Bernard  Sellier  
nard  Sellier 

  

 

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