Marcus Daly (David Hemmings), pianiste de
jazz, est de passage en Italie. Il assiste, fortuitement, une nuit, à
l'assassinat d'une jeune femme, Helga Ulmann (Macha Méril), douée de
télépathie, qui venait, au cours d'une conférence, de sentir qu'un
meurtrier la menaçait. Marcus fait la connaissance d'une journaliste,
Gianna Brezzi (Daria Nicolodi) et se sent bientôt menacé à son tour, la
police ayant répandu le bruit qu'il était capable de reconnaître
l'assassin...
Grand classique des années soixante-dix, lorsque l'Italie régnait dans
le sanguinolent et le gore. S'il est assez nettement estampillé
seventies, le film conserve une puissance évocatrice indéniable, grâce
à une mise en scène sobre tout en étant originale. L'atmosphère, à la
fois dramatique et légère dans la première partie, vire progressivement
au mystérieux inquiétant dans la seconde. Si la progression dramatique
est traditionnelle (on attend avec anxiété de découvrir la prochaine
victime sur la liste...), la réalisation, qui associe avec talent
symboles, ombres, sons, musique obsédante, installe une atmosphère
étrange, fantasque, qui marque profondément la mémoire. David Hemmings
donne à son personnage une volatilité, une superficialité, qui
surprennent au premier abord. Mais, au fil du récit, cet apparent
manque de profondeur s'harmonise avec bonheur à l'ambiance générale,
faite d'un savant mélange d'infantilisme, de tragédie et de
nonchalance. Intéressant, à défaut d'être véritablement tétanisant...