Alors
que les élections risquent de faire élire à la Présidence un candidat
d'extrême droite, de nombreuses émeutes éclatent. Sami (Adel
Bencherif) reçoit une balle. Ses copains, Tom (David Saracino) et
Farid (Chems Dahmani) décident de partir pour la frontière belge tandis
qu'Alex (Aurélien Wiik) conduit le blessé à l'hôpital en compagnie de
la soeur de celui-ci, Yasmine (Karina Testa).
Tous quatre se rejoindront quelques heures plus tard pour gagner la
Hollande. Tom et Fartid s'arrêtent quelques kilomètres avant la
frontière, dans un hôtel isolé. Deux jeunes femmes apparemment très
avenantes, Germaine (Estelle Lefébure) et Klaudia (Amélie Daure) les
accueillent...
Difficile d'aligner quelques lignes sensées lorsqu'on sort de cette éprouvante boucherie, à côté de laquelle "La colline a des yeux", "The devil's rejects", "Détour mortel" ou "Wolf Creek"
passeraient presque pour d'aimables divertissements anodins. Sur le
plan de l'horreur, du sanguinolent et du macabre, l'hésitation n'est
pas de mise. C'est du 100% efficace et traumatisant. Autre point
positif, si l'on peut dire au vu de ce qui pourrait passer pour nombre
de personnes comme une abomination majeure, les acteurs sont, en particulier Karina Testa et Maud Forget,
plus que convaincants, soit par leur jeu profondément viscéral (c'est
le cas des deux jeunes femmes, soit par leur apparence (le Hans de Joël
Lefrançois est impressionnant), soit par les glaçantes réminiscences
qu'ils évoquent (le von Geisler de Jean-Pierre Jorris), même si la
caricature est relativement hénaurme ! Passons sous silence les
apparitions d'Estelle Lefébure, passablement déplacée dans le contexte.
Cela dit, que ce soit dans le fond ou dans la forme, le film n'apporte
pas grand chose de neuf dans le genre, et, si l'on excepte la rage du
réalisateur qui est manifeste, il n'en demeure pas moins que les
amateurs ont déjà vu cent fois les séquences qui se succèdent à un
rythme stressant. Quant aux idéaux nazis de la pureté raciale, servis
en parallèle de l'élection présidentielle d'un extrême-droitiste, ils
prennent l'apparence d'un symbolisme primaire fort peu inspiré.
L'évidence est là : il est bien difficile d'apporter un sang neuf (le
terme est adéquat !) dans le genre épouvante ou gore. Est-ce
regrettable ? A chacun de donner sa réponse...