Le
Docteur Richard Kimble (Harrison Ford), brillant chirurgien de Chicago,
est accusé du meurtre sauvage de sa femme Helen (Sela Ward). Bien qu'il
nie farouchement les faits, et accuse un homme manchot, avec lequel il
se serait battu, le jury le condamne à la peine capitale. Lors de son
transfert en car, avec quelques autres prisonniers, l'un de ceux-ci
tente de s'échapper et provoque un accident. Richard parvient à fuir.
Mais le Marshal Samuel Gerard (Tommy Lee Jones) est bien décidé à le
capturer coûte que coûte...
Une des premières adaptations marquantes, en film de cinéma, d'une
série télévisée à succès. Une kyrielle d'autres suivront, parfois
captivantes, parfois catastrophiques ("Chapeau melon et bottes de
cuir"). Un an après le très divertissant "Piège en haute mer",
Andrew Davis renoue avec le thriller dans lequel il se sent
manifestement à l'aise. Mais, dans le cas présent, trois atouts
supplémentaires viennent renforcer notablement l'impact de l'histoire :
le thème du condamné qui tente désespérément de prouver son innocence,
ce qui donne l'opportunité de sortir de la grosse machinerie basique
explorée précédemment ; ensuite le thème toujours alléchant et
provocateur des machinations médicales ; enfin la présence d'Harrison
Ford, infiniment plus enrichissante, pour l'expressivité et la
psychologie, que celle du monolithique Steven Seagal. Avec lucidité, le
réalisateur conserve le charismatique Tommy Lee Jones. Abandonnant la
folie déjantée qu'il affichait avec gourmandise dans l'aventure
maritime, il n'en conserve pas moins, dans son rôle de marshal
bouledogue incapable de lâcher l'os qu'il a découvert, une puissance de
tempérament qui allie avec bonheur agressivité, ténacité et humour
noir. La construction dramatique est d'excellente tenue, ne
privilégiant jamais le spectaculaire au détriment de l'humain. Et, pour
une fois, contrairement à ce qui se passe dans des créations comme "24" ou "Lost",
la concision d'un film convient mieux à cette intrigue que le délayage
d'une suite sous forme d'épisodes.
Cette resucée survitaminée de "Présumé innocent" est une excitante
réussite. Pourquoi, en revanche avoir étiré le générique de début sur
14 minutes (!), handicapant une entrée dans le drame qui s'installe dès
les premières images ?