Lucas (Gérard Depardieu)
sort libre après cinq ans d'incarcération pour quatorze hold-up
réussis. Le commissaire Duroc (Maurice Barrier) l'attend à sa sortie et
ne se fait guère d'illusion sur le prétendu désir d'honnêteté de celui
qu'il a mis en tôle. Quelques heures plus tard, Lucas se rend à la
banque pour déposer un chèque. Malheureusement, il est pris dans un
braquage organisé (si l'on peut dire !) par François Pignon (Pierre
Richard), pauvre type au bout du rouleau. La police cernant les lieux,
Pignon décide de prendre un otage et porte son dévolu sur Lucas. La
fuite des deux hommes est cauchemardesque et Duroc voit évidemment là
un nouveau plongeon de son "protégé"...
La "franchise" "François
Pignon" avait commencé avec l'aventure précédente, "Les Compères", puisque dans le
premier tandem Depardieu-Richard, "La Chèvre", le trublion s'appelait
François Perrin (comme d'ailleurs, dans le "Grand blond avec une
chaussure noire" et sa suite, "le retour du grand blond"... Francis
Veber aime donc la continuité, que ce soit dans les patronymes ou dans
les bases scénaristiques. On ne s'en plaindra d'ailleurs pas, car cette
association fonctionne toujours fort bien, même après moult diffusions
télé. Il faut dire que Depardieu est, à mon goût, excellent dans le
registre faux dur-coeur tendre, qu'il explorera maintes fois, dans des
registres aussi différents que "Tenue
de soirée", "Les
anges gardiens" ou encore "Le
placard". Dans l'aventure présente, le ressort comique joue
bien entendu sur l'inversion des rôles, tandis que le réalisateur
scénariste a eu l'excellente idée d'introduire, afin d'assurer l'aspect
sensible, l'adorable petite Jeanne (Anaïs Bret) (dont ce fut
d'ailleurs apparemment le seul film !). Le capital sympathie de
l'oeuvre atteint, de la sorte, un niveau plus élevé que ne l'autorisait
la présence du fils d'Anny Duperey, Tristan, dans "Les Compères", ado
particulièrement tête à claques. Pour ce qui est du déroulement, pas de
grandes surprises, pas d'innovations, de la routine de qualité, juste
hérissée d'un brin de délire en la personne de Martin (Jean Carmet),
vétérinaire disjoncté assez "hénaurme"...