Boston : Journée mondiale de
l'écologie : une trentaine de personnes meurent à la même seconde. Des
milliers de pigeons, devenus fous, se fracassent contre les vitres des
buildings et meurent. Que se passe-t-il ? Est-ce un coup des
"Petits-gris" ? Ou bien est-ce l'annonce de la naissance d'un nouvel
Antechrist ? Est-ce une nouvelle arme ? Le docteur Josh Keyes (Aaron
Eckhart), qui vient de retrouver son ami Serge Leveque (Tchéky Karyo),
a trouvé la solution de l'énigme : le noyau interne de la terre a cessé
de tourner. Le champ électromagnétique qui nous protège des rayons
solaires se démantèle. Dans un an, la terre sera réduite à l'état de
morceau charbonneux ! Rien à faire !... Rien à faire ? Ce serait mal
connaître les Américains ! La solution est dans le McGyver du laser
pulsé à haute fréquence, en l'occurrence Ed 'Braz' Brazzleton (Delroy
Lindo). Esseulé dans le désert depuis que le méchand Professeur Conrad
Zimsky (Stanley Tucci) lui a piqué ses brevets sans dédommagements, il
n'a pas cessé de travailler. Ouf, la terre est sauvée, il n'y a plus
qu'à envoyer au centre de celle-ci, une navette conduite par un génie
du pilotage, la belle Rebecca Childs (Hilary Swank)...
On n'attendait pas vraiment le réalisateur de "Sommersby" et de "Haute voltige" dans cette énième fiction
catastrophe. Mais, tout bien considéré, est-ce vraiment difficile de
concocter ce type "d'oeuvre", à partir du moment, bien sûr, où l'on
fait appel à une société d'effets numériques suffisamment performante
pour les séquences catastrophiques (ici, nous avons droit à la fusion
du célébrissime pont de San Francisco !) ? Pour ce qui est de
l'environnement humain, les composantes sont toujours les mêmes 99 fois
sur cent : le beau gosse courageux, intelligent, intuitif, que personne
ne croit mais qui verra sa théorie confirmée ; le savant borné, plus ou
moins malhonnête mais qui saura se racheter ; le spécialiste des
bidouillages en tous genres qui est capable de vous fabriquer en trois
tours de main l'engin adéquat pour la sauvegarde du monde ; la beauté,
fatale, ou non ; le ou les braves qui se sacrifient pour le bien de
tous... Bref, la rrroutine habituelle. Il est cependant bon de
noter que si les effets spéciaux extérieurs sont assez convaincants,
ceux qui accompagnent le "voyage" à l'intérieur de la croûte terrestre
sont d'une répétitivité lassante et particulièrement fades.
Au milieu des cataclysmes obligés, des théories fumeuses, du parcours
évidemment semé d'embûches de la navette, des méga obstacles, le tout
ponctué, comme il se doit, de pointes d'humour basique, nous avons
quand même droit, ici, à une petite cerise sur le gâteau : un hacker de
génie, Théodore Finch "Rat" (D.J. Qualls), au nez digne de Cyrano, qui
apporte un soupçon de piment à un récit dont le délire dépasserait
presque celui d'"Armageddon",
ce qui n'est pas peu dire. Mais, à force d'entasser les énormités et
les tonnes d'invraisemblances, on parvient à une sorte de magma (oui,
oui, comme dans la croûte terrestre !) quasiment jubilatoire. Et puis,
n'oublions pas LE scoop primordial : le centre de notre planète bleue
regorge de diamants ! Avouez que cette nouvelle vaut bien la vision du
film ! Même si celui-ci est loin d'approcher les réussites
majeures du genre, comme "La
tour infernale" ou "Le jour d'après"...
Bernard
Sellier