Demetrius (Victor Mature)
est un ancien esclave affranchi. Il est l'ami de Pierre (Michael
Rennie) et a rapporté de Galilée la tunique du Christ. Caligula (Jay
Robinson) , alors empereur, désire s'approprier cette relique qui
permettrait la vie éternelle. Demetrius frappe un décurion qui avait
brutalisé sa fiancée. Il est arrêté et condamné à combattre dans
l'école de gladiateurs de Strabo (Ernest Borgnine) qui appartient à
l'oncle de Caligula, Claude (Barry Jones), époux de Messaline (Susan
Hayward).
Dans la glorieuse époque des péplums qui a vu nombre de réussites
exceptionnelles, comme "Cléopâtre",
"Quo Vadis" ou "Ben-Hur", deux oeuvres moins connues, mais
remarquables à bien des égards, se suivent chronologiquement et
scénaristiquement. Il s'agit de "La tunique" d'Henry Koster, tournée en
1953 et de ces "Gladiateurs" sous la baguette sensible de Delmer Daves,
surtout connu par son magnifique western "La colline des potences", en
1959.
L'histoire commence ici par la condamnation à mort des deux héros
chrétiens de "La tunique", Marcellus Gallio (Richard Burton) et Diana.
L'œuvre de Delmer Daves suit parallèlement la progression de la folie
chez Caligula, assez remarquablement incarné ici, et les doutes qui
ballottent Demetrius entre la foi aveugle et le désir de
vengeance qui annihile tout amour en lui pour en faire un esclave
lubrique de Messaline. Si la personnalisation de cette dernière est
relativement aseptisée et trop lisse, en revanche
Demetrius irradie une incontestable puissance grâce au visage
torturé et buriné de Victor Mature.
Peu de surprises dans cette construction solide, évidemment fort
éloignée, techniquement et spectaculairement, du récent "Gladiator", mais une sensibilité de
bon aloi, quelques scènes mémorables de combats et des personnages
secondaires attachants (en particulier Glydon, le gladiateur nubien).
Bernard
Sellier