Troisième James Bond
"officiel"...
James Bond (Sean Connery) est chargé de surveiller le richissime Auric
Goldfinger (Gert Fröbe) qui réside dans un hôtel de Miami. L'homme est
un passionné de jeux de cartes, auxquels il gagne régulièrement. Bond
découvre son stratagème et, par la même occasion, séduit la ravissante
complice du magnat, Jill Masterson (Shirley Eaton). Mais il la retrouve
un matin, morte, recouverte d'une peinture aurifère. Il suit en Suisse
Goldfinger que les services secrets britanniques soupçonnent
d'organiser un trafic d'or au niveau international...
Le premier grand succès de la longue saga et sans doute le plus célèbre
des épisodes. Avec juste raison, d'ailleurs, car même quarante ans
après son tournage, il n'a pas à rougir de son ancienneté et conserve
un charme quasiment intact. L'idée du scénario, à la fois originale et
simple, est en adéquation avec le personnage mégalomaniaque de
Goldfinger, tour à tour empreint d'une fausse bonhomie et porteur d'une
cruauté profonde. L'équilibre entre action et "remplissage" est
excellent, le rythme ne faiblit jamais, les intermèdes ne sont jamais
ennuyeux, et le spectaculaire n'est pas recherché comme une fin en soi,
ainsi que ce sera le cas dans nombre d'opus ultérieurs. L'élégance se
mêle au sadisme, la désinvolture s'intègre dans le drame, un humour bon
enfant saupoudre l'ensemble, et l'aventure demeure à l'échelle humaine,
évitant de s'enfoncer dans les excès délirants, voire souvent
infantiles, qui transformeront peu à peu le James Bond humain en une
sorte de pantin déshumanisé, robotisé, plus proche de l'univers des
jeux video que de l'espion de sa Gracieuse Majesté. La célèbre Aston
Martin et ses gadgets, la classe de Pussy Galore (Honor Blackman),
l'impressionnant Coréen Oddjob (Harold Sakata), le rondouillard
Goldfinger, sans oublier la musique mythique, font de ce film une belle
réussite dans le genre.