Castella (J.P.Bacri) est un
PDG qui ne se passionne plus guère pour son entreprise. Ni pour sa
femme (décoratrice passablement nunuche, il faut le reconnaître !). Ni
pour la vie en général. Pour résumer simplement, il respire l'ennui le
plus total et une tristesse des plus communicatives. Un jour, pourtant,
un semblant d'éveil va poindre derrière sa moustache morose. Une soirée
au théâtre, qui s'annonçait comme le summum de la corvée conjugale, lui
fait apparaître l'une des actrices (par ailleurs son professeur
d'anglais) comme un rayon de soleil.
A son rythme,
c'est-à-dire mollement, maladroitement, et en se gardant bien de toute
inflammation, il va tenter de gagner cet îlot de consolation. Autour de
lui gravite un monde à son image, triste et mélancolique (Alain Chabat
en amoureux fadasse et grugé), (Gérard Lanvin en garde du corps épuisé
de ne rien faire), (Agnès Jaoui qui reprend son image de rebelle tendre
et brutale de "Un air de famille").
Le
film est parfaitement en osmose avec cette galerie de personnages
décalés, incapables de vivre l'intense. Il est à l'image d'un certain
style français, fait de petites touches, de dialogues piquants, servis
par des acteurs excellents, mais aussi d'un nivellement intérieur des
personnages qui procure une uniformité quelque peu lassante. On ne
retrouve même pas les éclats ponctuels et savoureux de "Un
air de famille"
ou de "Cuisine et dépendances" qui éveillaient chez le spectateur la
flamme intérieure de la jubilation. La description des personnages est
fine, juste, parfois incisive, mais l'ensemble dégage une impression de
morosité en tous points conforme au personnage principal, comme
toujours magistralement endossé par Jean Pierre Bacri.
Ici, tout est
tristement doucereux, comme l'accompagnement terne d'un plat réussi,
mais un peu fade.