1855. La guerre de Crimée
fait rage. A intervalles réguliers, le gouvernement anglais envoie une
cargaison d'or par chemin de fer, de Londres à Folkestone, pour payer
ses soldats. Edward Pierce (Sean Connery) décide, avec l'aide d'un
pickpocket aux doigts aériens, Robert Agar (Donald Sutherland), de
voler les lingots. Pour cela, il est indispensable de reproduire
d'abord les quatre clés des coffres-forts. Celles-ci sont dispersées et
gardées par diverses personnes. La première, Edgar Trent (Alan Webb),
est directeur de la banque Huddleston. Edward entreprend une séance de
séduction auprès de sa fille, la hideuse Elizabeth (Gabrielle Lloyd)...
Un coup habilement monté, deux compères complices, une filature
policière qui pose de sérieux problèmes de logistique... On ne peut
s'empêcher de penser à "l'Arnaque" sorti six ans plus tôt. Assurément, malgré
la présence charismatique de Sean Connery et de Donald Sutherland, le
film de Michael Crichton ne possède pas l'aura magique, la construction
implacable, le génie scénaristique et visuel de son prédécesseur.
Néanmoins, cette "grande attaque" est une très agréable surprise.
L'époque "reculée", à laquelle se déroule l'action, oblige bien sûr à
des techniques rudimentaires, qui peuvent faire sourire lorsqu'on est
habitué à celles de "Haute voltige" ou de "Ocean's
eleven". Pourtant la reconstitution d'époque, sympathique, le
charme rétro des costumes, l'humour discret mais omniprésent, les
dialogues à double sens érotique, la présence de deux grandes
figures, opèrent sans peine et compensent largement le défaut de
technologies modernes haletantes. C'est désuet, charmant, pourvu d'une
tension et d'un suspense modestes mais suffisants pour que le rythme ne
faiblisse jamais. Donald Sutherland équipé en redingote et haut de
forme pour battre un record de vitesse dans le moulage de clés, ça ne
se rencontre pas tous les jours !
Un très jouissif divertissement soutenu par une musique entraînante.