Dans un camp allemand
spécialement protégé, sont regroupés plusieurs centaines de prisonniers
de guerre dont un certain nombre de récidivistes de l'évasion. L'un
d'eux, Roger Bartlett (Richard Attenborough), expert en tentatives, met
en route le creusement simultané de trois tunnels avec le projet
d'organiser une fuite monstre. Tout est minutieusement mis au point,
depuis la tenue vestimentaire jusqu'à la falsification des papiers
d'identité. Le grand jour arrive enfin...
Connu avant tout pour la spectaculaire prestation motocycliste de Steve
Mc Queen, excellent en Américain rebelle et mal embouché, inséparable
de sa balle de base ball et du "frigo", ce film recèle pourtant
beaucoup d'autres qualités. Un scénario simple et linéaire, mais
remarquablement construit, qui suit avec minutie et sympathie l'épopée
de chacun des personnages principaux, auxquels on s'attache rapidement
(Colin Blythe alias Donald Pleasance, qui tente désespérément de
masquer sa cécité, Bob Hendley alias James Garner, qui se sacrifie pour
ne pas abandonner son ami... ), un suspense, ( qui ne manque pas
), savamment entretenu, un humour discret mais bienvenu, une
accumulation de "morceaux de bravoure" dans la veine des films de
guerre de cette époque (type "Canons de Navarone"), tout cela provoque un
plaisir immédiat et une émotion primaire qui compensent largement la
forme classique et aujourd'hui un peu démodée de l'oeuvre.
Il est indéniable que quatre décennies ont creusé un abîme dans
l'appréhension et la restitution visuelle des faits de guerre. Si
Ridley Scott ou Steven Spielberg concoctaient présentement une mouture
sur un sujet semblable, le résultat se situerait bien certainement à
des années-lumière de la description soft et presque idyllique que nous
présente John Sturges !
Mais il serait ridicule de bouder un plaisir de chaque instant en
compagnie d'une aussi belle brochette de stars...