John Morlar (Richard Burton), un écrivain célèbre
aux idées controversées, est agressé à son domicile londonien et laissé
pour mort. Lorsque l'inspecteur Brunel (Lino Ventura) arrive sur les
lieux en compagnie de son collègue Duff (Michael Byrne), il croit
d'ailleurs avoir affaire à un cadavre. Mais, soudain, le "défunt" donne
un faible signe de vie. Transporté à l'hopital, il demeure dans le coma
mais son activité cérébrale s'amplifie. Brunel prend contact avec le
docteur Zonfeld (Lee Remick), psychiatre, qui était la seule à
connaître le psychisme perturbé de Morlar. Celui-ci était persuadé
qu'il avait le pouvoir de provoquer des catastrophes...
Jack Gold a touné plus de quarante-cinq oeuvres, dont 95 % pour la
télévision, et n'a pas laissé une grande marque dans le cinéma, avec
les 5 % restants. Pourtant, ce film est tout à fait intéressant et
mérite d'être connu. Outre le fait, anecdotique, que Lino Ventura campe
un Inspecteur français détaché à Londres tandis que l'un de ses
homologues britanniques est envoyé à Paris, histoire de tester les
déficiences mutuelles des polices, l'intrigue repose sur une base
originale et sur l'un des sujets les plus passionnants qui soient : le
pouvoir de la pensée. Sans verser dans le sensationnel ou le
spectaculaire (encore que le final dans la cathédrale ne manque pas de
puissance), le réalisateur s'attache principalement à l'individualité
énigmatique de Morlar, mi-ange, mi-démon, obsédé par la passivité d'un
Dieu qui laisse ses créatures détruire le monde terrestre. Sans doute
peut-on reprocher à l'ensemble d'être un peu trop classique et sage. Il
n'en demeure pas moins que le suspense est assez habilement entretenu,
et que Richard Burton habille son personnage d'une intensité
convaincante. C'est, certes, dans le genre catastrophique,
moins envoûtant que "La Tour
infernale", mais l'oeuvre mérite plus qu'un détour !