Meredith Grey (Ellen Pompeo), fille d'une célèbre femme chirurgien
dont les techniques ont fait école, commence son internat en
chirurgie dans un hopital de Seattle. Elle fait la connaissance d'un
certain nombre de collègues, Cristina Yang (Sandra Oh), George
O'Malley (T.R.Knight), qui, eux aussi, espèrent devenir chirurgiens.
Mais l'apprentissage est loin d'être une sinécure. D'autant plus que
leur supérieur(e), sous les ordres duquel ils sont placés, Miranda
Bailey (Chandra Wilson), est un petit dragon. Quelle n'est pas la
surprise de Meredith de reconnaître, en la personne d'un chirurgien
de l'hopital, Derek Shepherd (Patrick Dempsey), l'homme avec qui elle
vient de passer une nuit...
La série "Urgences" commençant sans doute à s'approcher
du coma irréversible après 13 saisons (le nombre de "l'Arcane
sans nom" du Tarot de Marseille, c'est symbolique !), un
renouvellement s'imposait. Enfin, certains ont dû le supposer. Les
premiers épisodes de cette nouvelle mouture, installée au Grace
Hospital de Seattle, ne sont pas très engageants. Tous les tics de
certaines séries modernes se voulant branchées nous sont assénés
sans la moindre retenue. Dialogues à l'emporte-pièce, responsable
auprès de laquelle le Sergent Foley de "Officier
et Gentleman" ressemble à un aimable nounours affectueux,
caractérisations psychologiques taillées à gros coups de serpe,
vacheries servies à la mitraillette, bouillie de plans clipesques
insérés entre les séquences développées, commentaires pitoyables
en voix off de Meredith... C'est d'autant plus dommage que la plupart
des personnages finissent par exister émotionnellement, et par nous
faire partager leurs angoisses existentielles. Et, surtout, surtout, cette
manie cauchemardesque de faire baigner l'ensemble (surtout les
opérations, ce qui est un comble !), dans une soupe de chansonnettes
modernes aussi déplacées que ridicules. Absolument horripilant !
Quant aux péripéties qui
constituent le quotidien de ces pauvres internes stressés, elles sont
ce qu'on est en droit d'attendre : accidents, ratages, angoisses
devant l'erreur possible, découragements, rivalités, secrets
intimes... Rien de nouveau
sous le soleil. Pour être honnêtes, reconnaissons qu'il est bien
difficile d'innover dans un tel domaine. Tout au moins en ce qui
concerne les
événements matériels et les réactions humaines, qui, pour une
longue période encore, seront ce qu'ils ont toujours été. Le
renouvellement ne peut naître que dans la manière dont ces
composantes sont amalgamées, pétries, et présentées au spectateur. C'est
l'immense exploit auquel sont parvenues des séries comme "24
Heures" ou "Lost". Dans le
cas présent, la réussite est nettement moins évidente ! Sans
compter que le choix de certains protagonistes est plus que
discutable. On verrait davantage Chandra Wilson en femme de ménage
qu'en brillant chirurgien...
Répétitif, fréquemment primaire, souvent tape à l'oeil, parfois
usant, mais cependant prenant ! Paradoxes, paradoxes...