Quelque part dans le cosmos,
la rébellion couve contre l'abominable Empire et son principal séide,
Darth Vader (David Prowse). Celui-ci, associé au Seigneur Tarkin (Peter
Cushing), met la dernière main à l'Étoile noire, dont la puissance
destructrice sera gigantesque. La Princesse Leia (Carrie Fisher) a
réussi à dérober ses plans, et compte les transmettre au Sénat
intergalactique. Mais son vaisseau est attaqué et sa seule ressource,
avant d'être faite prisonnière, est de cacher les schémas dans le petit
robot C-3PO. Éjecté dans une capsule en compagnie de son ami droïde
R2D2, il atterrit sur un astre inhospitalier et devient la propriété de
Luke Skywalker (Mark Hamill). Ce dernier prend connaissance d'une
partie du message enregistré par Leia, faisant référence à un homme
étrange, considéré comme un vieux fou solitaire, Ben Kenobi (Alec
Guiness). Luke le retrouve et apprend de sa bouche que, jadis, il fut
un ami de son père, avant que celui-ci ne soit tué par Darth Vader...
Ce
premier volet (du point de vue date de sortie) de l'hexalogie "Star
wars", a durablement marqué les générations et le cinéma. Étrange, tout
d'abord, et, à ma connaissance, unique, cette idée de livrer, en
ouverture, un épisode IV, dont le texte préliminaire sous-entend une
aventure antérieure qu'il faudra attendre 22 ans ! Surprenants,
également, ces premiers mots qui s'affichent : "il y a bien longtemps,
dans une galaxie lointaine...". D'ordinaire, les oeuvres de
science-fiction se projettent dans un avenir plus ou moins éloigné !
Peut-être tous ces mystères n'en sont-ils plus pour les fans de cette
saga. En ce qui me concerne, je n'ai pas encore visionné les versions
DVD récemment parues, et ce commentaire est fondé sur le Laserdisc
première mouture. Donc sur le film vierge des corrections apportées par
George Lucas à son bébé ! A ce propos, il est intéressant de lire
l'interview de Mark Hamill, fort critique et désabusée, parue dans le
numéro 76 de Home Ciné DVD (page 67). Sans préjuger de ces
modifications que je n'ai pas vues, j'avoue tout de même une perplexité
certaine devant cette initiative. Autant il peut paraître concevable
qu'un réalisateur tourne une nouvelle version (comme ce fut le cas pour
George Sluizer avec sa "Disparue"), autant il semble
difficilement compréhensible de procéder à des "réajustements", quelle
qu'en soit la raison, ainsi que l'a fait également Steven Spielberg
avec son "E.T.". Mais, après tout, comme le martèle avec passion Howard
Roark, l'architecte anticonformiste, dans "Le
Rebelle",
une oeuvre d'art appartient à son concepteur... Brückner a bien réécrit
de multiples fois les mouvements de certaines symphonies !
Assurément, on ne peut nier que d'immenses progrès ont été effectués
dans les trucages, depuis le tournage de "La guerre des étoiles". Même
sans être un spécialiste de la technique, on se rend aisément compte
que le film n'a pas bénéficié d'un budget pharaonique. Les vaisseaux
spatiaux sentent la maquette plastique bon marché, les décors sont
réduits à leur plus simple expression, l'intrigue ne décolle pas d'un
simplisme primaire, et les dialogues ne s'élèvent jamais au-dessus du
niveau d'un CM1. A partir de ce constat, il devrait être logique que ce
premier épisode perde son aura au fil du temps. Pourtant, à mon sens,
il n'en est rien ! C'est dans ce mystère que réside une partie de la
magie de cette saga. Est-ce notre connaissance des deux épisodes
suivants qui anticipe le plaisir émotionnel endormi au fond de notre
mémoire ? Toujours est-il que malgré un scénario pas vraiment
passionnant, une caractérisation plus que rudimentaire des personnages,
la place restreinte accordée à Han Solo (Harrison Ford), des combats
dépassés, il est impossible de ne pas ressentir cette flamme intérieure
qui va grandir avec l'évolution physique et spirituelle de Luke. Ben
Kenobi apparaît quelques secondes, et, par la magie de sa présence, le
spectateur plonge dans le monde de "la Force". Darth Vader
n'est encore qu'un méchant presque ordinaire. Pourtant, sa noirceur
nous entraîne corps et biens vers la future confrontation oedipienne de
l'épisode VI. Les deux droïdes sont toujours aussi sympathiques, et
leur présence est infiniment plus légère que celle de l'excédant Jar
Jar Binks dans "La menace
fantôme". Certes, nous n'avons dans ce premier épisode qu'un
canevas, mais ces prémisses de toutes les évolutions futures conservent
un charme étonnant.