Ray Ferrier (Tom Cruise) est un grutier talentueux,
mais un époux délaissé. Son épouse, Mary Ann (Miranda Otto) vit
désormais avec Tim (David Alan Basche) et attend un enfant. Le jour où
débute cette histoire, elle amène à son ex leurs deux enfants, la
petite Rachel (Dakota Fanning) et son frère Robbie (Justin Chatwin),
adolescent rebelle. Un orage d'une violence inaccoutumée se déclenche.
Bientôt, sortent du sol de gigantesques machines qui détruisent tout
sur leur passage. Ray fuit avec ses deux enfants, mais les mortels
tripodes semblent proliférer à une vitesse supersonique...
Les films appartenant aux genres science-fiction ou catastrophe, fort
en vogue dans les années 70 ou 80, sont évidemment ceux qui justifient
une réactualisation moderne, les effets spéciaux numériques permettant
un réalisme que l'on ne connaissait évidemment pas à l'époque héroïque
où fut tournée la première adaptation du roman de H.G.Wells. Etonnant,
tout de même que ce soit Steven Spielberg qui se plonge dans ce projet,
dont l'originalité laisse largement à désirer. Dès le commencement,
nous sommes dans un univers connu que ne ne quitterons pratiquement
plus jusqu'à la fin. Celui des poncifs et de la routine propres à ce
genre ultra codifié. Le héros est divorcé (c'est quasiment
obligatoire), beau gosse (ça se vend toujours mieux !), doté de
qualités paternelles contestables mais d'un amour pour ses enfants (ils
n'en font qu'à leur tête ! Ah ces garnements qui n'obéissent jamais...)
au-delà de tout soupçon, amateur de base-ball (quelle plaie !) et, cela
va sans dire, courageux, inventif, chanceux et casse-cou. Bon, voilà
pour la panoplie avec laquelle le spectateur part en voyage durant deux
heures. Ajoutons, tout de même, au crédit ou au débit du scénario
(selon les humeurs) une fillette à laquelle on a envie de flanquer une
baffe par réplique, tout au moins pendant une grande première partie !
Avec cet assemblage passe-partout, Spielberg nous entraîne dans une
fuite éperdue, bien menée, reconnaissons-le, qui ne manque pas de
suspense, c'est le moins qu'il puisse nous offrir. Les tripodes
semblent sortis de "L'empire
contre-attaque" et, dès la première de leurs apparitions, le
doute n'est pas de mise. Nous ne sommes pas dans les incertitudes de
"V", ou dans l'univers des gentils aliens de "Abyss"
! Les extra-terrestres combinent ici l'agressivité des monstres de
Ridley Scott "Alien" à la
sauvagerie des TRex de "Jurassic
Park". La scène (longuette !) dans le refuge où survit un Tim
Robbins empâté et délirant semble d'ailleurs calquée sur celle dans
laquelle les enfants cherchent à échapper au furieux TRex.
Autant dire que, si les effets spéciaux sont brillants, avec
d'envoûtantes visions de paysages rougis, une noirceur absolue,
l'ensemble ne vole pas aussi haut que les cabines invulnérables qui
dévastent un monde apocalyptique. Sans compter une fin... sans grand
relief. Intéressant lors d'une première vision, mais à la
troisième, ça reste à vérifier...