Sophie (Natacha Lindinger), une petite quarantaine, mène une vie
tranquille, entre son mari, Alexandre, et ses deux enfants, Violette
(Fanny Sidney) et Jules (Axel Wursten). Jusqu'au jour où son époux
se tue accidentellement. Le jour des funérailles, sa belle mère,
Louise (Michèle Moretti) lui apprend sans ménagements qu'Alexandre
n'était pas informaticien, comme il l'affichait, mais producteur de
films "X" ! Effondrée, Sophie se rend à la société dont
elle est maintenant l'héritière, et découvre le monde particulier
de la pornographie...
La lecture du scénario donne un aperçu sans surprise de ce qui est
proposé au téléspectateur. La gentille bourgeoise bcbg, un tantinet
coincée sur les bords, va pénétrer progressivement dans cet univers
marginal avec les émotions et sentiments que l'on peut attendre en
pareillles circonstances. Elle expérimentera ainsi la stupéfaction,
le dégoût, le rejet, la colère, la curiosité, pour terminer
sa course dans une acceptation particulièrement
"constructive". Si le jeu de Natacha Lindinger surprend au
début par son côté statique, son charme naturel opère rapidement,
tout comme celui du "hardeur" de service, Roy (François
Vincentelli). Les personnages sont tous caricaturaux (le fils enfermé
dans son casque audio toute la journée, la fille qui accumule les
conquêtes, l'amie friponne...), mais, en épisodes de trente minutes,
il est bien difficile de développer des psychologies approfondies.
L'ensemble est sympathique, suffisamment immoral pour ne pas sembler
trop sage, et il est tout de même heureux que la créatrice soit une
femme, car la même trame, écrite par un homme, aurait pu faire
passer celui-ci pour un obsédé ne voyant autour de lui que des
femmes amatrices de fantasmes. Cela étant, tout cela s'oublie assez
vite, exception faite d'une séquence, aussi bienvenue qu'hilarante,
dans laquelle Denis Podalydes tente, vainement, d'inculquer aux
figurantes de films "X" les rudiments du jeu d'acteur...