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" Harrison's  Flowers ",       2000,

de : Elie  Chouraqui,

avec :  Andie McDowell, David Strathairn, Adrien Brody, Elias Koteas, Brendan Gleeson, Caroline Goodall, Diane Baker, 

Musique : Bruno Coulais

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harrison's_flowers

    

    Octobre 1991. Les combats commencent en ex-Yougoslavie. Harrison Lloyd (David Strathairn), grand photographe titulaire du prix Pulitzer, est envoyé par Newsweek pour couvrir le conflit. Quelques jours plus tard, sa femme, Sarah (Andie McDowell) apprend qu'il a été tué dans l'effondrement d'une maison. Elle refuse d'accepter l'évidence, d'autant plus que lors d'un reportage télévisé, il lui semble reconnaître la silhouette de son mari. Malgré les mises en garde qui lui sont prodiguées, elle se rend à Graz, laissant ses deux enfants, Margaux (Quinn Shephard)  et Cesar (Scott Anton) à la garde de son frère Peter (Corey Johnson). 

    Les horreurs de la guerre se sont souvent affichées avec réalisme et sauvagerie dans de mustiples fresques aussi impressionnantes que spectaculaires (les débarquements du "Jour le plus long", de "Il faut sauver le soldat Ryan" ou encore du récent "Mémoires de nos pères"). Il n'en demeure pas moins que l'émotion ressentie à la vue des abominations "localisées", si l'on peut dire, qui jalonnent ici le parcours quasi initiatique de Sarah, surpasse sans peine celle que véhiculaient ces oeuvres éminentes, tant la concentration du réalisateur sur des faits bruts, si proches de nous qu'ils semblent presque pouvoir survenir à quelques amis ou parents, leur procure une intensité aussi poignante que menaçante ou prophétique. Pas une once de pathos, mais presque une sécheresse de reportage, une plongée étouffante dans un cauchemar absolu, dans un concentré d'ignominies qui se sont déroulées à quelques centaines de kilomètres de chez nous. Le temps d'un éclair, l'histoire bascule de la normalité formatée, ronronnante, à la barbarie la plus primitive, faisant sans peine oublier l'aspect fictionnel originel. En laissant de côté toute espèce de repère, d'information, sur les causes ou les racines de la guerre, le film décuple l'impression de folie meurtrière qui s'est emparée d'une nation, donnant l'impression que massacrer est devenu une fonction instinctive, laissant l'humanité, la raison ou les dogmes dans les oubliettes de l'enfer. 

    Andie McDowell, que l'on a davantage l'habitude d'imaginer dans des comédies du style "Un jour sans fin" ou "Multiplicity", incarne avec une stupéfiante justesse cette femme ordinaire que l'amour transfigure littéralement. Adrien Brody, Elias Koteas, Brendan Gleeson, tous sont au diapason tragique de cette oeuvre sobrement bouleversante, traumatisante, et, malheureusement, indispensable !


Bernard  Sellier

  

 

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