Harry Potter (Daniel
Radcliffe) est retenu de force au domicile de son oncle Vernon Dursley
(Richard Griffiths), qui veut l'empêcher de rejoindre l'école de
Poudlard. Un mystérieux elfe de maison, Dobby, vient d'ailleurs mettre
en garde le jeune garçon en lui disant qu'un grand danger le guetterait
s'il revenait à l'école, car la chambre des secrets a été ouverte.
Mais, bien évidemment, les amis d'Harry, dont Ron Weasley (Rupert
Grint), viennent le libérer en voiture volante. Effectivement, à
Poudlard, de nombreux drames commencent à se produire. En particulier,
plusieurs élèves sont pétrifiés. Harry, Ron et leur amie Hermione
Granger (Emma Watson) commencent une enquête difficile, d'autant plus
que le diabolique Drago Malefoy (Tom Felton) est toujours aussi
agressif...
Je n'ai jamais lu le moindre livre d'Harry Potter, et j'avoue que, a
priori, ce n'est pas avec avidité que je me suis précipité sur le
premier film de la série. La surprise avait été d'autant plus grande
d'assister à ce qui s'était révélé comme une réussite totale. Un monde
merveilleux, qui, par la grâce d'effets spéciaux remarquablement
intégrés, d'une inventivité visuelle permanente, d'une aventure
passionnante, de trouvailles mêlant habilement humour et création
magique, prenait vie sous nos yeux comme s'il était devenu notre
environnement quotidien et habituel. Sans compter le choix judicieux et
remarquable des personnages, en particulier Daniel Radcliffe qui semble
désormais aussi indissociable de Harry Potter que Raimu l'est de "César".
L'art des suites est difficile. Aussi bien certainement pour un
romancier que pour un cinéaste. Pour d'évidentes réussites, supérieures
à l'originel, comme "Indiana Jones & la dernière croisade" ou "Terminator
2", combien de recyclages commerciaux minables, du style "Taxi 2" & "Taxi 3", "les visiteurs 2" ou "Rambo 2 & 3". J'ignore
totalement le niveau de fidélité des films de Chris Columbus avec les
ouvrages de J.K. Rowling. Pour ce qui est de ce deuxième volet, que
j'attendais avec impatience, j'avoue une petite déception. Oh, très
relative, certes. Mais tout de même ! Il faut dire que le niveau
ludique et jubilatoire du premier ("H.P. à l'école des
Sorciers"), rendait l'exigence féroce. Or, ici, la nouveauté
ne joue plus. Le combat de quidditch, les transmutations à coups de
baguette magique, les tableaux vivants, sont entrés dans notre
quotidien. L'originalité des personnages ne saisit plus le spectateur
avec la même puissance. Alors, il est indispensable que l'intrigue soit
au plus haut niveau. Et c'est là, à mon sens, que le bât blesse un peu.
Ce mystère des mystères, cette "chambre des secrets" dont la puissance
maléfique menace l'école entière et même les professeurs de magie, ne
révèle finalement qu'une grosse bébête un peu pataude, qui semble la
cousine germaine des monstres d'"Alien" ou de "Jurassic
Park". Avec
l'idée fallacieuse que "plus c'est gros et laid, plus c'est efficace".
C'est, je trouve, un peu frustrant. Et même la réintroduction du
méchant éternel, le maléfique Lord Voldemort, ne suffit pas, à mon
sens, pour atteindre le sommet de l'extase.
Cette restriction était posée, ce film est tout de même un petit régal.
Malgré sa longueur, le rythme est bon, les nouveaux personnages sont
habilement introduits : le petit elfe n'est pas envahissant
et le professeur Gilderoy (Kenneth Branagh), matamore aussi peureux
qu'infatué de sa personne, est parfaitement réussi. De plus,
une ouverture s'opère sur l'être véritable de Harry Potter, annonçant,
selon toute probabilité, des révélations futures
fascinantes...
Vivement le troisième épisode ("Harry Potter & le prisonnier d'Azkaban")...