Grand émoi au Collège
Poudlard : le Tournoi des 3 Sorciers doit avoir lieu prochainement !
Les élèves de deux célèbres écoles : "les fils de Durmstrang" et
L'"Académie de Magie de Beauxbâtons" arrivent. Un seul représentant
sera choisi de manière secrète par la "Coupe de Feu". Sont ainsi
désignés : Viktor Krum (Stanislav Ianevski), Fleur Delacour (Clémence
Poésy) et Cedric Diggory (Robert Pattinson). Mais, stupéfaction : un
quatrième nom est vomi par la Coupe : celui de Harry Potter (Daniel
Radcliffe). C'est d'autant plus étonnant que, d'une part, le jeune
garçon, âgé de 14 ans, affirme n'avoir jamais proposé sa
candidature, et que, d'autre part, aucun concurrent ne peut avoir moins
de 17 ans ! Mais les choix étant définitifs, Harry doit se résigner à
concourir. Or le danger est extrême...
Les premiers volets donnaient l'impression que nous allions assister à
une tragédie familiale sur fond de lutte entre le Bien et le Mal (genre
Annakin Skywalker, Darth Vader), dont chaque épisode allait permettre
une concentration des pièces du puzzle jusqu'à la l'explosion
apocalyptique du tableau final. Mais plus l'histoire avance, plus cette
promesse ressemble à un mirage, plus cette quête de Vérité et de
Connaissance prend l'allure d'un prétexte, permettant de développer à
l'infini les délires visuels que seule l'imagination de l'auteur serait
susceptible de limiter. Or, chacun le sait, l'imagination d'un auteur
est sans bornes. Le commencement de l'aventure a été installé
lorsqu'Harry avait dix ans. L'intégration d'un art aussi complexe que
celui de la magie est, comme c'est le cas pour les arts martiaux, aussi
longue que l'existence de celui qui pratique. La multiplication des
années d'études et des dangers concomitants peut donc se concevoir
jusqu'au quatrième âge du héros ! Sans compter que, sorcellerie oblige,
rien n'empêche le brave Harry de vivre jusqu'à trois cents ans ! Autant
dire qu'on n'en n'a pas fini de sitôt !
Tout cela est bien sûr sympathique, inventif, surprenant. Chaque
nouvelle mouture apporte son lot neuf d'individualités inquiétantes,
originales, attachantes, glaçantes (Viktor Krum (Stanislav Ianevski),
Rita Skeeter (Miranda Richardson), Olympe Maxime (Frances de la Tour),
Alastor 'MadEye' Moody (Brendan Gleeson)...), de scènes spectaculaires
(, le combat contre le Dragon, la plongée dans Le lac Noir, le
labyrinthe...). Mais, pour la première fois, sans que la responsabilité
en incombe au réalisateur, la lassitude s'installe. L'ennui, même,
pointe le bout de son nez. D'autant plus que certaines séquences (le
bal, par exemple), bien que vivantes et visuellement agréables, ne sont
pas d'une utilité évidente. Les prestations des "nouvelles venues",
Fleur Delacour, Cho Chang (Katie Leung), occupent au maximum 30
secondes, quant aux bataillons féminins de Beauxbâtons, il semble
surtout là pour embellir le decorum. Et, dernier point, sans doute le
plus dommageable, un bon nombre de personnages "piliers" traversent les
épisodes sans évoluer. Dumbledore (Michael Gambon remplaçant pour la
deuxième fois Richard Harris, décédé), Minerva McGonagall (Maggie
Smith), Lucius Malfoy (Jason Isaacs), Rogue (Alan Rickman) opèrent à
chaque fois leur petite apparition tranquille, menaçante, protectrice,
diabolique, mais, surtout, immuable, comme le feraient de dociles
robots. Semblables à des meubles inamovibles, dont la place dans le
décor serait devenue programmée. Il est impossible de dénier au duel
final une certaine puissance. Il n'empêche que cette saga Harry Potter
prend de plus en plus le chemin d'une franchise à la "Freddy", version
luxe et spectaculaire... Trop de merveilleux en arriverait-il
à tuer le merveilleux ? Nous verrons ce qui nous est proposé dans la
suite inévitable...