Harry Potter (Daniel
Radcliffe) a été confié, alors qu'il n'était qu'un bébé, à son
oncle Vernon (Richard Griffiths) et à sa tante Petunia (Fiona Shaw),
car ses parents sont morts. Il est donc élevé avec le fils du couple,
Dudley (Harry Melling). Mais tandis que celui-ci, obèse et stupide, est
considéré comme un roi, Harry se voit relégué au rang de domestique.
Alors qu'il fête ses onze ans, une lettre arrive, l'informant qu'il est
admis à l'école de Poudlard. Malgré l'opposition formelle de ses
tuteurs, le jeune garçon intègre l'établissement. Car il vient
d'apprendre de la bouche du messager, Hagrid (Robbie Coltrane), que,
d'une part, il n'est pas un garçon ordinaire, mais le rejeton d'une
famille de sorciers puissants et que, d'autre part, ses
parents ont été assassinés par un magicien passé du côté de l'Ombre :
Voldemort. Muni de son équipement spécial, Harry arrive donc dans la
mystérieuse école, dirigée par le Professeur Dumbledore (Richard
Harris)...
Dans ce premier volet des nombreuses aventures qui attendent le jeune
apprenti sorcier, le spectateur fait connaissance avec les principaux
personnages et pénètre dans le monde, plus que particulier, de ce
collège hors du commun. Qui dit première année d'études, sous-entend
forcément découverte et prise de contact. Une grande partie de
l'histoire est consacrée à nombre de séquences anecdotiques,
descriptives, mais toujours vivantes, ludiques, gorgées de merveilleux,
qui n'ont pas de lien direct avec l'intrigue (cours de lévitation, de
vol sur manche à balai, de baguette magique...). Le titre français,
très général, induit d'ailleurs un peu en erreur, laissant ignorer que,
malgré la légèreté de l'ensemble, un premier drame attend déjà le jeune
écolier. Ce film, considéré comme relativement falot, depuis que les
suites sont apparues, mérite pourtant d'être apprécié à sa juste
valeur. S'il n'a pas le dramatisme de celles-ci, il installe, avec
simplicité, efficacité, et une inventivité de tous les instants, le
décor, tant physique que psychologique, dans lequel évolueront les
jeunes recrues. Peintures vivantes, escaliers mobiles, oiseaux
facteurs, miroirs magiques, monstres gardiens, licornes... il n'est
quasiment pas une séquence qui ne réserve son lot de surprise, de
surnaturel, d'humour. Mais cette pléthore, loin de faire sombrer les
scènes dans le ridicule, contribue grandement à installer
l'environnement dans une réalité qui sembait, a priori, impossible à
créer.
Croquée avec une sobriété qui n'exclut nullement l'intensité, une
galerie de figures hautes en couleurs s'étale devant nous : Hagrid,
Dumbledore, Rogue (Alan Rickman), Quirinus Quirrell (Ian Hart), mais
aussi les pré-adolescents : une Hermione dont la compétence se mêle à
l'orgueil, un Ronald chez lequel se combattent peur et témérité, un
Drago Malfoy (Tom Felton) particulièrement bien choisi pour incarner la
malfaisance germinative, sans parler, bien sûr, de Harry Potter... Tous
les ingrédients tragiques qui se développeront peu à peu sont déjà
présents, même sous forme larvaire. L'aspect alerte, naïf, infantile,
superficiel, que Chris Columbus (habitué, de fait, aux comédies
simplistes, genre "Maman, j'ai raté l'avion", ou le sympathique "Madame Doubtfire"),
réussit à faire vivre sans un temps mort, sait aussi s'effacer lorsque
l'intrigue s'enfonce dans le sérieux ou l'inquiétant. Cela nous vaut de
fort beaux moments, parmi lesquels se détache la partie d'échecs
finale. L'ombre du Bien et du Mal plane sur tous les lieux et
toutes les individualités. C'est à la fois jubilatoire et
excitant.