Harry Potter (Daniel
Radcliffe) rejoint, pour la troisième année, l'école de Poudlard. Il y
retrouve, bien sûr, ses deux compagnons fidèles, Ron Weasley (Rupert
Grint), et Hermione Granger (Emma Watson). Pour l'heure, une grande
inquiétude règne dans les lieux. Le redoutable criminel, Sirius Black (
Gary Oldman ) s'est échappé de la prison d'Azkaban, et n'a
qu'une idée en tête : trouver Harry et le supprimer.
Après un second épisode sympathique, mais à l'intérêt mitigé ("Harry Potter et la chambre
des secrets"), j'attendais beaucoup de ce troisième volet, qui
voit le jeune apprenti sorcier gravir les marches de l'adolescence et
s'approcher de la maturité magique opérationnelle. D'autant plus
qu'Alfonso Cuaron, qui nous avait gratifié, il y a presque dix
ans, d'un film fort poétique, "La petite Princesse", semblait tout indiqué
pour entrer dans ce monde merveilleux et magique.
Si on excepte la traditionnelle et jouissive mise en boite (ici ce
serait plutôt en montgolfière !) de l'odieuse famille qui "accueille"
Harry, l'histoire commence avec un voyage en bus et des trucages qui
évoquent un "Retour vers le futur" de bas étage. Les images
paraissent sales, plus qu'approximatives, et cette mise en bouche n'est
pas très engageante. Puis le coeur du sujet se précise. Qui est donc ce
mystérieux assassin que tout le monde redoute ? Nous le saurons
bientôt, après avoir assisté, Poudlard oblige, à quelques cours de
magie assez enthousiasmants (Emma Thompson prend avec jubilation la
place que son ex-époux, Kenneth Branagh occupait dans le second épisode
!), dans lesquels la psychologie occupe une place laissée vacante par
l'infantilisme des premières expériences. C'est normal, les
enfants sont devenus des adolescents. Drago Malefoy (Tom Felton), le
méchant garçon, jaloux et vindicatif, qui ne rêve qu'à la
désintégration du brave Harry, voit ici sa place rétrécir comme une
peau de chagrin. Il est indispensable que du solide remplace les
enfantillages dépassés, qui constituaient, jusqu'alors, un élément
majeur. Nous avons donc droit, en compensation, à d'intéressants
"Epouvantards", qui sont des créations mentales générées par les plus
grandes terreurs ressenties au fond de la personnalité de chacun. C'est
divertissant, de même que le dressage de l'"hippogriffe", élégamment
numérisé. Mais tout cela ressemble quand même à du remplissage
traditionnel, en attendant le moment fort du drame.
Malgré d'excellentes trouvailles (la carte vivante, par exemple), le
nerf moteur de cet épisode ne me semble guère exaltant. Il est
brillamment enveloppé dans une forme à la fois ludique et sérieuse, a
le mérite de s'ouvrir sur des voies non encore explorées, mais manque à
mon sens d'ampleur et de consistance. Nous sommes bien loin des enjeux
grandioses, exceptionnels, planétaires, qui, de la quête du Graal ("Indiana Jones & la
dernière croisade") à la recherche du trésor des Templiers ("Benjamin Gates & le Trésor des Templiers"), en passant par l'Arche
d'Alliance" ("Les aventuriers de l'Arche perdue"), atteignaient une
dimension cosmique et archétypale. Le brave Sirius Black, malgré ce
qu'il apporte en connaissance intime du héros, apparaît un sujet d'une
magnitude bien dérisoire...
Attendons la suite ("Harry
Potter & la Coupe de Feu")!