Alex 'Hitch' Hitchens (Will
Smith) est conseiller dans l'art de la séduction. Mais attention, ne
pas confondre : il accepte de venir au secours des amoureux
authentiques, qui perdent définitivement le goût de vivre parce qu'ils
n'ont pas le courage d'avouer leur flamme à l'élue. Lorsqu'il ne s'agit
que d'obtenir une heure dans le lit d'une dame, il envoie paître le
quémandeur sans vergogne ! Albert (Kevin James) est à ranger dans la
première catégorie. Modeste comptable, doté d'un physique rondouillard
qui n'est pas vraiment attractif, générateur de gaffes incorrigible, il
a la prétention d'aimer follement Allegra Cole (Amber Valletta), non
seulement superbe, mais encore milliardaire. Le soutien de Hitch ne
sera pas superflu. Mais, dans le même temps, le coach a fort à faire
avec une journaliste "people", toujours à la recherche de potins
croustillants à livrer au public, Sara Millas (Eva Mendes)...
Auteur du remake de "Anna et le Roi" avec la sublime Jodie Foster, Andy
Tennant se lance dans la comédie grand public avec un Will Smith plus
craquant que jamais. Au crédit de cette oeuvrette, le charme
communicatif du personnage, une certaine ambition scénaristique (toute
relative, par rapport à d'autres comédies basiques de chez primaire !),
le bon goût de ne pas sombrer dans le gras vulgaire, façon "Polly
et moi",
et, surtout, un second rôle développé, Albert, qui génère une sympathie
constante. Cela dit, impossible de se voiler la face, nous ne sommes
pas en face de la réussite de la décennie ! La pseudo-psychologie se
situe au niveau "classe élémentaire", les
prétendues finesses ou ruses finissent par prendre l'aspect d'un
embrouillamini nébuleux, les passages sentimentaux ont bien de la
difficulté à soutenir l'intérêt et brassent beaucoup de vent, quant aux
quelques moments drôles, ils surnagent péniblement au milieu d'un magma
épais. On a l'impression que le scénariste a sué sang et eau pour
triturer dans tous les sens les prémisses et comportements amoureux,
tentant par tous les moyens (sauf vulgaires, rendons-lui cet hommage),
de faire reprendre une mayonnaise qui avait une forte propension à se
déliter périodiquement, et de parvenir à accoucher d'une composition
originale avec du recyclage pseudo-psychanalytique.
Le film n'est pas franchement désagréable. Quelques bons moments sont
parsemés ici et là, Amber Valletta, (dont le charme rappelle beaucoup
celui de Delphine Seyrig), est craquante à souhait et apporte une
lumière qui fait cruellement défaut à Eva Mendes (dont le personnage
évoque vaguement celui de Louise 'Babe' Bennett dans "L'extravagant
M.Deeds" de Capra), mais l'ensemble est laborieux, parfois pesant, tout
en manquant de la merveilleuse fluidité que l'on apprécie, par exemple,
dans "4 mariages, un enterrement". Ici, nous avons une sauce
convenable, riche de quelques ingrédients goûteux, mais, au final,
filandreuse, voire indigeste.