Le
constat hautement inquiétant de la santé de cette petite planète
bleue sur laquelle l'homme a réussi un exploit qui
paraissait irréalisable : bousiller, en un minuscule siècle,
l'équilibre et la perfection édifiés patiemment durant des millions
d'années ! L'exploit est d'autant plus impressionnant qu'il n'a pas été
accompli par la totalité de l'humanité, mais seulement par une petite
frange aussi égoïste qu'inconsciente, pour laquelle la captation d'un
profit immédiat occupe tout le volume de la pensée. Le reste de
l'humanité se divise en deux grands groupes : ceux qui ont la
possibilité de profiter (pour le moment) de cette course au progrès
mortifère, qui est un miroir aux alouettes à la dangerosité
soigneusement masquée, et ceux (ils sont plus d'un milliard et demi !)
qui continuent à vivre comme il y a 5000 ans, sans eau potable, sans
électricité, et souvent sans nourriture. On n'en finirait plus
d'énumérer les délires générés pas l'homme qui envahissent la terre :
déforestations massives (Haïti), qui, outre leur impact sur l'émission
de gaz à effet de serre, ont pour conséquences immédiates de provoquer
des érosions monstrueuses des sols ainsi découverts (Madagascar) ;
implantations en plein désert de
villes engloutissant des quantités d'eau faramineuses (Las Vegas ou
Palm Springs) ; remplacements des biodiversités existantes par des
monocultures (soja, palme, eucalyptus) possédant un rendement
pécuniaire élevé ; déversements massifs d'insecticides, pesticides, qui
se potentialisent et s'accumulent dans les sols, faisant disparaître
tous les (micro) organismes qui aèrent et vivifient notre terre (Merci
qui ? Merci Bayer, Monsanto !!!)... Bref, un cauchemar vécu
actuellement par un tiers de la population terrestre, et,
peut-être, supporté par la totalité dans quelques décennies ! Un drame
d'autant plus inadmissible que la moitié des pauvres vit dans des pays
très riches en ressources (merci qui ? Merci les gouvernants. Il faut
bien que Rolls Royce et Ferrari vendent leurs belles créations !).
C'est une première, pour un film, quelle que soit
sa nature, de sortir simultanément dans une multitude de pays, qui plus
est, sous toutes ses formes (écrans de cinéma, télévision, DVD,
blu-ray). Excellente initiative, c'est incontestable. L'effet sera-t-il
à la mesure de la distribution ? Sans être foncièrement pessimiste,
c'est fort peu probable. Pour plusieurs raisons. Ceux qui ont entrepris
de mettre à sac notre planète ne voient qu'une chose : le profit
immédiat, se contrefichent totalement des conséquences, et, surtout,
ont le pouvoir financier de dicter leurs lois aux gouvernements. Ceux
qui profitent des "bienfaits" répandus par les premiers (c'est-à-dire
vous et moi) ont tellement pris l'habitude de consommer sans mesure,
qu'il sera quasiment impossible d'inverser la tendance. Ceux qui n'ont
pour l'instant pas eu la chance (?) de bénéficier du "progrès" n'ont
qu'une hâte : celle de rattraper leur retard. Et puis une question
toute bête : la beauté plastique exceptionnelle de ce film (et encore
ce n'était qu'une vision TV sur un écran HD ready !) était-elle le
moyen le plus efficace de montrer les horreurs générées par l'action
humaine ? Certes le narrateur insiste lourdement sur les dangers qui
nous guettent, sur la folie dévastatrice qui anime cette petite frange
irresponsable que l'on appelle "les décideurs", mais qui devrait plus
justement être nommée "les massacreurs". Au final, quelle force
l'emportera dans la mémoire des spectateurs : celle de la parole ou
celle des images ? Sans compter qu'il y aura toujours les aveugles
irréductibles. Ceux qui, à l'image des "révisionnistes" pour lesquels
la solution finale hitlérienne est une pure invention, clament haut et
fort que l'homme n'est pour rien dans les modifications subies par la
planète...
Le film se clôt sur quelques lueurs
d'espoir, initiatives personnelles, scientifiques ou gouvernementales.
Une goutte de sagesse dans l'océan des ivresses incontrôlées...