"M", un homme dont on ne
sait rien arrive par le train dans les environs d'Helsinki. Il dort sur
un banc et se fait rouer de coups par trois petits truands. Il perd la
mémoire. Rencontre une femme, Irma, qui oeuvre pour l'armée
du salut. Elle va l'aider et, lorsqu'il aura appris que son ancienne
femme a obtenu le divorce, l'aimer.
Le type même du
film que je déteste et qui me donne une furieuse envie de quitter la
séance au bout d'une demi-heure ! J'ai cependant tenu jusqu'au bout. Il
ne s'agit bien sûr pas là d'une quelconque critique de l'oeuvre en
elle-même. Il est indéniable que l'on peut lui trouver des
qualités fort positives, (pudeur, sobriété, imagerie en harmonie avec
la désespérance que génère la pauvreté), ce qui a été apparemment le
cas dans divers festivals. De même, bien sûr, il est possible d'ergoter
à l'infini sur les supposés messages subliminaux que le réalisateur a
peut-être souhaité introduire derrière chaque geste, chaque regard, ou
chaque angle de vision.
Simplement ce
type d'oeuvre et surtout son traitement se situent à l'opposé de la
vibration sensorielle avec laquelle je me sens en harmonie. Tout y est
froid, aseptisé, glacial, morbide. Le scénario est minimaliste, tout
comme les décors, tout comme les dialogues (j'en ai oublié les neuf
dixièmes une heure après avoir quitté la salle). Les personnages se
promènent tels des spectres avec des visages aussi expressifs que ceux
de zombies. Peut-être l'émotion existe-t-elle, quelque part, au fond de
leurs entrailles, mais il n'en apparaît aucune lueur sur l'écran. Tout
au moins, n'y ai-je pas été sensible le moins du monde. Il faut, je
pense, un réel effort mental et cordial pour ressentir la plus petite
palpitation devant cette errance désincarnée. J'avoue ne pas en être
capable.