En 2000, une firme chimique occidentale déverse
des centaines de litres de produits toxiques dans le fleuve Han.
Octobre 2006. Le vieux Park Hee-bong (Byeon Hie-bong) tient un petit
snack au bord de l'eau. Il vit avec ses trois enfants, dont Kang-du
(Song Kang-Ho), un peu simplet, qui ne travaille guère mais idolâtre sa
fille unique Hyun-seo (Ah-sung Ko). Un jour, surgit du fleuve un
monstre qui sème la terreur sur les berges. Au milieu de la panique,
Kang-du lâche la main de sa fille qui est emportée par la bête. Dès
lors, le père n'a plus qu'une idée en tête : retrouver l'enfant qui,
apparemment, est toujours vivante...
Une énième variation sur le thème très souvent vivité du monstre né de
l'inconscience humaine. La technique ayant progressé beaucoup plus
rapidement que l'imagination des auteurs, le spectateur a droit à une
bestiole hyper-agile, relativement effrayante, et, ce qui est loin
d'être toujours le cas, assez peu ridicule. Mais la surprise ne naît
pas tant de cette semi-réussite esthétique, que de l'adhésion au drame,
qui, au fil des séquences particulièrement bien filmées, s'installe
progressivement. Cette famille banale, bercée par un infantilisme
doux-amer, se voit soudainement confrontée à l'horreur de l'absence
d'un des leurs, de l'inconnu, de périls divers (le monstre n'est en
fait que la forme primitive du danger, les "nettoyeurs" de l'armée et
de la santé incarnant une forme autrement plus pernicieuse et
angoissante de celui-ci). Et l'on se surprend à suivre avec émotion
cette quête dans la nuit. A attendre avec impatience une issue que l'on
devine prévisible, mais qui, là encore, sait nous surprendre. Et, si
l'intérêt de l'entreprise est limité, il n'en demeure pas moins qu'il
faut saluer la réussite des auteurs : avoir su transcender un sujet
mille fois traité, peuplé de personnages a priori peu charismatiques,
pour donner naissance à un drame écologico-fantastique qui sait, plus
d'une fois, nous bousculer et nous surprendre.