Trois jeunes Américains, Paxton (Jay Hernandez), Oli (Eythor
Gudjonsson) et Josh (Derek Richardson), parcourent l'Europe à la
recherche de plaisirs faciles. Ils sont présentement à Amsterdam, et
profitent pleinement des libertés offertes par le pays. Un soir, ils
font la connaissance d'un jeune homme, qui leur fait miroiter la
possibilité d'entrer dans un paradis sexuel. Ils suivent son conseil
et débarquent dans les environs de Bratislava, où ils font
connaissance, dans un hôtel, de deux charmantes beautés
russo-slovaques, Natalya (Barbara Nedeljakova) et Svetlana (Jana
Kaderabkova). Mais ils ne se doutent guère de ce qui les attend...
Pas étonnant que Quentin Tarentino ait produit cette histoire
nauséabonde qui, mille fois hélas, ne relève pas de la fiction.
Grand amateur de sadisme et de giclées d'hémoglobine, il n'a pu
qu'être séduit par cette descente dans l'enfer des richissimes
bouchers ou chirurgiens ratés, qui prennent leur pied en découpant
leurs semblables. Un court extrait de "Pulp
Fiction" passe d'ailleurs à la télévision de l'hôtel...
Le problème, avec ce genre de réalisation, en l'occurrence,
dramatiquement efficace, réside toujours dans les motivations du
créateur. Entièrement écrit et mis en scène par Eli Roth, le
récit n'a manifestement pas d'autre but que de flatter, chez le
spectateur adepte du genre, l'attirance morbide pour la barbarie
gratuite et l'horreur primaire. Celui que Tarentino considère comme
"représentant, à lui seul, l'avenir de l'horreur", ne s'en
cache d'ailleurs pas, puisqu'il déclare : "Si je ne rentre pas
chez moi couvert de faux sang à la fin de la journée, c'est que j'ai
mal fait mon boulot" ! Une interrogation vient alors à l'esprit
: celui qui prend plaisir à filmer la simulation de tels actes,
est-il vraiment très loin du passage à la concrétisation
authentique ? Car il n'y a jamais ici l'ombre d'un humour, même
noirâtre, comme c'est le cas chez Tarentino... Tout cela fait froid
dans le dos...