Londres. Janet Losey (Shirley Henderson) est
flic et adepte de la cigarette. Elle consulte un médecin
hypnotiseur, Michael Strother (Goran Visnjic) afin de faire
disparaître cette dépendance. Au cours d'une séance, elle prend
conscience que le thérapeute a perçu une image qui la hante, celle
d'une fillette, Heather (Sophie Stuckey), échappant au tueur en série
que l'on surnomme le Tatoueur. Or, justement, Janet enquête sur cette
affaire. Elle finit par convaincre Michael d'aider la police, ce qui
n'est guère du goût de son épouse, Clara (Miranda Otto), enceinte de
huit mois. En effet, les époux, déjà parents d'une fillette, ont fui
les Etats-Unis car le médecin avait été considéré comme responsable de
la mort d'un jeune homme dont il avait reprogrammé le
subconscient...
Dans la lignée des films fantastico-diaboliques, genre "Darkness", celui-ci tient une
place un peu à part. Pas de grisaille ou de pluie incessantes, pas
(trop) de grand guignol, des personnages (presque) ordianires, et un
décor que l'on pourrait qualifier de passe-partout. Mais, si les excès
ne phagocytent pas trop l'histoire, si les acteurs ont l'avantage de ne
pas offrir des visages connus, apportant, grâce à leur anonymat, un
soupçon de crédibilité à l'aventure, on ne peut pas dire que
l'enthousiasme soit tout de même au rendez-vous. Le scénario mange à
tous les râteliers : démonologie, symbolisme et magie noires, tueur en
série, mythe de Faust, psychanalyse, séances d'hypnose (passablement
simplistes), visions (dépourvues de mystère), enquête policière, sans
parvenir à dépasser, dans quelque domaine que ce soit, le niveau d'un
banal téléfilm primaire, comme on en voit par centaines sur le petit
écran. L'intérêt se maintient tant bien que mal, le personnage du
médecin est valablement rendu par un acteur au physique adéquat, mais
la mise en scène est bien plate et les prétendues sueurs froides
annoncées sur la pochette relèvent quasiment de la suggestion
hypnotique. Nous sommes loin du sadisme glacé d'"Audition" et les différentes
incursions dans ce qui voudrait être de l'angoisse horrifique, sans
être réellement téléphonées, demeurent bien sages. Une apocalypse
finale de bon niveau clôt un ensemble de qualité moyenne.