Prologue
: Indiana Jones (Harrison Ford) est en pourparlers tendus,
dans une salle de spectacle extrême-orientale, avec quelques
représentants de la mafia locale passablement antipathiques. Quelques
scènes de folie plus tard, il se retrouve en fuite dans un avion sans
pilote en compagnie d'une danseuse nombriliste et d'un gamin déluré,
Demi-Lune (Amrish Puri)...
Même dans cet opus qui est , assurément, un peu moins abouti que les
deux qui l'entourent, et surtout dont le fondement apparaît moins
mystique, le génie aventureux et inventif de Spielberg parvient à
insuffler à une épopée burlesques ces petits plus qui la transfigurent
et l'impriment durablement dans le souvenir du spectateur.
L'énergie volcanique de l'archéologue au fouet trouve ici une
sympathique complémentarité dans la personne de la trouillarde "Willie"
(Kate Capshaw), et dans celle du sympathique et naïvement spontané
"Demi-Lune".
A l'instar du premier épisode, tout commence sur les chapeaux de roue
dans une folie crazy-horsienne débridée et la furie scénaristique
déroule son lot de scènes de bravoure jusqu'au finale aussi
complètement délirant qu'invraisemblable. Chaque scène apporte sa
trouvaille, sa touche d'humour, de peur, de suspense et même, cas
unique dans cette oeuvre, d'une certaine cruauté sadique. Mais
qu'importe, lorsque la jubilation s'élève à un niveau tel que la raison
n'a plus qu'à se laisser emporter dans le tourbillon de l'impossible.
De l'atterrissage forcé à la fuite en wagonnets, en passant par le
"paisible" repas au menu "spécial" dans le palais du jeune Maharadja,
tout est calibré pour enivrer le spectateur de prouesses joyeusement
surhumaines.
Décidément, même s'il n'atteint pas ici la réussite du dernier opus "Indiana Jones & la dernière croisade", Spielberg est un fou qui vit
dans un monde merveilleux...